“ Lui, frémissant de la sentir ainsi contre sa chair, demi-nue sous la veste et la culotte en lambeaux, l'empoigna, dans un réveil de sa virilité. Et ce fut enfin leur nuit de noces, au fond de cette tombe, sur ce lit de boue, le besoin de ne pas mourir avant d'avoir eu leur bonheur, l'obstiné besoin de vivre, de faire de la vie une dernière fois. Ils s'aimèrent dans le désespoir de tout, dans la mort.Ensuite, il n'y eut plus rien. Étienne était assis par terre, toujours dans le même coin, et il avait Catherine sur les genoux, couchée, immobile. Des heures, des heures s'écoulèrent. ”
Émile Zola
Résumé
Germinal, publié en 1885 par Émile Zola, est le treizième volume de la série Les Rougon-Macquart, décrivant avec une rigueur naturaliste la vie des mineurs du Nord de la France. À travers la grève des ouvriers de Montsou, Zola explore les conditions déplorables du travail, la lutte pour la justice sociale et la force d’âme humaine.
Le titre, inspiré du mois républicain symbolisant la renaissance, évoque l’espoir d’un avenir meilleur. L’œuvre, marquée par des descriptions percutantes de la mine et des personnages comme Étienne Lantier, Catherine et Chaval, reste un chef-d’œuvre de la littérature réaliste.
Citations de Germinal (Émile Zola)
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ Lorsqu’il leva la tête, il vit qu’il était devant le Voreux. La masse sombre des bâtiments s’alourdissait sous les ténèbres croissantes. Au milieu du carreau désert, obstrué de grandes ombres immobiles, on eût dit un coin de forteresse abandonnée. Dès que la machine d’extraction s’arrêtait, l’âme s’en allait des murs. À cette heure de nuit, rien n’y vivait plus, pas une lanterne, pas une voix ; et l’échappement de la pompe lui-même n’était qu’un râle lointain, venu on ne savait d’où, dans cet anéantissement de la fosse entière. Étienne regardait, et le sang lui remontait au cœur. ”
“ Lentement, le jour grandissait, la vie de la terre montait avec le soleil. Et il se remit en marche, tapant fortement son bâton de cornouiller, regardant au loin la plaine sortir des vapeurs de la nuit. Il n'avait revu personne, la Maheude était venue une seule fois à l'hôpital, puis n'avait pu revenir sans doute. Mais il savait que tout le coron des Deux-Cent-Quarante descendait à Jean-Bart maintenant, et qu'elle-même y avait repris du travail.Peu à peu, les chemins déserts se peuplaient, des charbonniers passaient continuellement près d'Étienne, la face blême, silencieux. ”
