Emile Morel

Résumé

Emile Morel Les Gueules Noires (1907)

La sienne, oh il sait bien où elle se trouve, elle est là, dans la direction de la lueur qui monte des fours à coke. Pourtant on ne voit aucun de ses fanaux; sans doute une ondulation de terrain la cache-t-elle pour l’instant.
Parfois, dans le vague, s’élève le bruit d’un choc puissant, le bruit de deux choses de fer entre-heurtées. C’est une seule note sonore qui s’élève, s’étend. Et à l’ampleur des vibrations se révèle l’immensité rase. Ou bien, c’est le roulement d’un train, une rumeur sourde qui s’éloigne et expire sans écho.
Source : Gutenberg

Emile Morel Les Gueules Noires (1907)

Et maintenant, Bécu se trouve seul sur la route. On ne voit plus qu’une femme et son enfant, qui attendent, en détresse, devant la porte d’un cabaret et aussi le malheureux qu’un éboulement a tordu, qui s’en va, lentement, de côté, comme un crabe.
Bécu se dirige aussitôt vers l’estaminet du «Grand Saint-Éloi.»
34
La salle enfumée est pleine de houilleurs, assis autour du poêle, serrés sur des bancs le long des murs ou debout devant le comptoir. Au relent épais et fade de la bière, dans l’atmosphère empestée par l’âcre fumée du tabac de contrebande, se mêle la senteur vineuse de l’alcool.
Source : Gutenberg

Emile Morel Les Gueules Noires (1907)

Un instant après, son geste désigne encore quelqu’un dans la coulée grise.
—Ah, c’en est un dont je ne connais pas le nom, grogne le porion. Et lui-même va prendre le houilleur par le bras. Mais celui-ci, brutalement se dégage, et farouche, s’élance sur la pente.
Le docteur se reprend à scruter toutes les faces qui passent devant lui. Son regard fouille comme un scalpel les traits ravagés et cherche à découvrir les stigmates du mal.
Là-haut, les berlines grondent sur les dalles de fonte et les cages qui s’accrochent aux verrous, saccadent des coups et des contre-coups fracassants.
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature