Résumé

Antonin Mulé Histoire de ma mort, par Antonin Mulé (1862)

N'est-il pas vrai que la vue du bonheur trempant la vivacité même de ses ardeurs aux sources intimes du deuil et de la tristesse, n'est-il pas vrai que le spectacle de la vie rayonnant et s'affirmant aux bras de la mort proclame un enseignement humain qui élève l'âme au-dessus de la crainte puérile du néant, et souffle à la raison cette mâle énergie, cette sérénité vertueuse qui la fait héroïque aux jours de combat sur le champ de bataille de l'existence ? C'est beau un cimetière !
Source : Gallica

Antonin Mulé Histoire de ma mort, par Antonin Mulé (1862)

Toutes les fibres de mon être, toutes les forces de ma pensée, se révoltent à la fois contre les lâches conseils du scepticisme : jamais plus qu'en ce moment je n'ai senti au coeur l'âpre besoin de la foi, de la foi immodérée, insatiable en l'avenir, en moi ! Se résigner, c'est déchoir : je ne veux pas déchoir ; se résigner, c'est déserter le champ de bataille avant d'avoir fait son devoir jusqu'au bout, c'est se rendre à l'ennemi avant d'avoir brûlé sa dernière cartouche. Pas de résignation, la lutte corps à corps avec la fatalité !
Source : Gallica

Antonin Mulé Histoire de ma mort, par Antonin Mulé (1862)

Pourquoi des gens riches ne se sont-ils pas donné le luxe d'un convoi de première classe avec suisse, bedeau, enfants de choeur et chantres ? Plusieurs voix, dans la foule, prononcent le mot malsonnant d'avarice.
Sous les plis du linceul qui flotte autour de la bière circule brusquement un air plus frais : un souffle humide glisse sur mon visage; le bruit des pas du cortège s'amortit contre un sol plus uni que celui de la rue ; mon corps n'éprouve plus de soubresauts sur les épaules des porteurs, et les voix du prêtre et du clerc s'élèvent majestueuses, répercutées par de nombreux échos.
Source : Gallica

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