Résumé

L Bertoglio Les Cimetières, au point de vue de l'hygiène et de l'administration… (1889)

Ici ou là les fossoyeurs ont ouvert un caveau, de
ce trou béant comme une gueule s'échappe une odeur infecte qui vous prend à la gorge, et là bas, dans le fond les cercueils alignés, noircis, tachés, lamentables, ou les casiers vides semblent attendre ; vous vous éloignez, mais l'image effrayante de ce spectacle vous poursuit. Le tombeau est le plus souvent le cloaque où viennent s'éteindre les dernières vibrations d'une civilisation raffinée, le charnier où, comme autrefois dans les églises, les cadavres pourrissent en tas, et cela parce qu'il y a une lacune dans la loi.
Source : Gallica

L Bertoglio Les Cimetières, au point de vue de l'hygiène et de l'administration… (1889)

Pendant des siècles, à Paris comme dans beaucoup d'autres pays, on enterra les morts dans les
églises ou dans les cimetières enfermés dans l'enceinte de la ville ; nos aïeux entassaient pêle-mêle, sans ordre, sans goût, sans délicatesse des vingt mille corps dans un sépulcre étroit, mal clos, mal aéré, mal entretenu et dont le seul aspect glaçait de terreur et de dégoût le mortel le plus intrépide. Le riche se faisait enterrer à prix d'or dans la chapelle de son château, s'il en avait un, ou dans les caveaux d'une église; quant aux pauvres on les entassait sans égards dans les fosses communes
Source : Gallica

L Bertoglio Les Cimetières, au point de vue de l'hygiène et de l'administration… (1889)

A peine si la corruption des végétaux, les fumiers, le cloaque, les balayures, la saleté et la crasse se trahissent par des odeurs fades ou aigres avec dégagements d'acide carbonique et quelquefois d'ammoniaque, en somme très peu de gaz toxiques.
Des essaims de moucherons de toutes dimensions voltigent au-dessus des mares ou des lieux souillés, sans bruit comme sans but apparent, en même temps que les moustiques avides de sang s'éloignent du lieu de leur naissance au son de leur claire fanfare. Rien de propre, rien de gai, rien d'engageant, c'est juste, mais aussi rien de terrifiant.
Source : Gallica

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