“ Le culte des morts est un admirable témoignage de la bonté et de la fidélité du coeur. Il élève et unit les âmes, même à travers les ombres de la mort, il nous rappelle les vertus de ceux que nous avons perdus, il fortifie dans les épreuves les plus cruelles, et console dans les séparations déchirantes. Les tombes, où reposent les dépouilles mortelles de l'homme, inspirent un profond respect. Par tout où le culte des morts est en honneur, il démontre la valeur morale des peuples. Là où il est méconnu et outragé, la conscience humaine se révolte ”
Culte des morts
Définition et enjeux
Citations sur “culte des morts”
Alexis Jean Marie Guilloux, A la mémoire de messire Amédée de Savignhac… (1871)
“ Le culte des morts est de tous les temps et de tous les lieux. Les vivants y trouvent honneur, consolation, courage, force, édification. Ses symboles, ses pompes, ses mausolées, ses épitaphes, ses superstitions mêmes, révèlent le génie de chaque peuple, la vivacité de sa foi, la pureté de sa morale, l'élévation de ses sentiments, les particularités de ses coutumes. ”
François Gabriel Théodore Basset de Jolimont, Les mausolées français
“ En quelle partie du monde, enfin, ne trouverions-nous pas de précieux vestiges des lieux consacrés au repos des mânes ? Le culte des morts ne fut pas moins sacré chez les peuples modernes que chez les anciens, et il s’est conservé sans altération jusqu’à nous. Chaque âge a légué aux âges suivants des exemples utiles et des souvenirs attendrissants ; et les lumières du christianisme, en purifiant ce culte dans son objet et dans sa pratique, lui imprimèrent un caractère plus solennel et plus vrai. ”
Noémie Dondel Du Faouëdic, Le journal d'une pensionnaire en vacances
“ Oui, le culte des Morts est sacré; les honorer, c'est faire acte de foi en la vie éternelle. Aussi est-ce une grande douceur et un grand soulagement pour ceux qui croient, qui aiment et qui espèrent, de prier pour les morts. ”
Eglise catholique. Diocèse, Discours prononcé en faveur de l'Oeuvre des Tourbes et des Prières par… (1877)
“ C'est toute l'humanité qui proteste avec vous, et elle proteste surtout par le culte des morts. Le respect de la tombe est le dernier sentiment qui s'efface du coeur d'un peuple, tant la croyance à l'immortalité de l'âme est enracinée dans la conscience humaine. ”
Adolphe Crémieux, Liberté individuelle. Arrestation et séquestration illégales… (1867)
“ Mais voici qui est plus désolant encore : dans un jour de deuil solennel, la religion catholique célèbre le culte des morts: on comprend que le culte des souvenirs, et la foi religieuse conduisent dans les cimetières' une foule immense, destinée à venir peupler à son tour ces asiles sacrés où reposent des cendres illustres, des cendres chéries. Qui donc ose troubler le recueillement de tant d'intimes pensées, dans cette enceinte funèbre où Dieu domine l'homme de toute sa puissance? ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Le culte des morts est le ciment qui a constitué les premières sociétés, qui en a fait des institutions permanentes, des nationalités, c’est-à-dire la solidarité du présent avec le passé, la perpétuité des tendances, des aptitudes, des désirs, des regrets, des haines et des vengeances. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Et le sacrifice de la messe, offert à l’âme du mort peut être considéré comme l’équivalent des sanglantes cérémonies que célébraient les sorciers cherchant à garantir aux âmes les faveurs des divinités d’outre-tombe ! Mais ce culte du cadavre qui persiste, tenace et inutile, nous a conduit au culte des erreurs. En adorant les morts nous nous ingénions à conserver, à perpétuer leurs croyances. Nous conservons d’eux les enseignements moraux, les préjugés antiques, nous en avons les tares et les qualités. ”
Noémie Dondel Du Faouëdic, Le journal d'une pensionnaire en vacances
“ Il est bien naturel qu'après avoir reconnu les délices ineffables dont les saints jouissent dans le paradis, elle fasse tous ses efforts pour en augmenter le nombre.Le culte des Morts est le culte de l'âme. ”
Élie Berthet,
Paris avant l'histoire
(1895)
“ Mais certainement le culte des morts avait chez eux une extrême importance, et ce culte devait égaler, peut-être même surpasser, celui qu'ils pratiquaient à l'égard d'une ou de plusieurs divinités inconnues. ”
Pierre de Coubertin,
Anthologie
“ Plus on examine cet aspect des choses religieuses, plus on se rend compte que le culte des morts représente, au dessus et en dehors des Églises, la religion supérieure de l’humanité, celle dont aucune logique, aucune réflexion, aucune découverte n’auront jamais raison. ”
Paul Giran, Magie et religion annamites : introduction à une philosophie de la civilisation du peuple d'Annam (1912)
“ Nous allons voir que les cérémonies du culte des morts diminuent de fréquence à mesure que s'éloigne la date du décès. Toutes les pratiques du deuil peuvent être considérées comme un vaste sacrifice communiel qui a son point culminant au moment des funérailles; tous les rites qui suivent sont de véritables rites de sortie; c'est peu à peu, au bout d'une très longue période, que les survivants parviennent à se dépouiller du caractère sacré dont ils portent l'empreinte et à reprendre la vie sociale normale. ”
Fustel de Coulanges,
La Cité Antique
“ LE CULTE DES MORTS. Ces croyances donnèrent lieu de très-bonne heure à des règles de conduite. Puisque le mort avait besoin de nourriture et de breuvage, on conçut que c’était un devoir pour les vivants de satisfaire à ce besoin. Le soin de porter aux morts les aliments ne fut pas abandonné au caprice ou aux sentiments variables des hommes ; il fut obligatoire. Ainsi s’établit toute une religion de la mort, dont les dogmes ont pu s’effacer de bonne heure, mais dont les rites ont duré jusqu’au triomphe du christianisme. ”
P. Giran, Exposition coloniale de Marseille… (1906)
“ Mais lorsque la croyance à un principe spirituel et à sa survivance se fut établie, le respect des cadavres — demeures des âmes — se généralisa. Le culte des morts avait sa première raison d'être dans ce qu'il était la simple continuation du culte rendu aux vivants. Cependant pour qu'une semblable coutume fût unanimement adoptée, pour que tous les vivants, après leur mort, fussent divinisés, il fallait un autre mobile. Nous le trouvons dans le sentiment d'insécurité qu'éprouvait l'homme au milieu du conflit des puissances bonnes ou mauvaises dont il avait peuplé l'univers. ”
Théodore de La Rive, De Genève à Rome : impressions et souvenirs (1895)
“ On voit par là comme le culte des morts, la prière pour les morts, sont conformes aux instincts du cœur humain, et comme il est difficile au protestant qui veut satisfaire à ces instincts, à ce besoin si naturel d'aimer par delà la tombe, d'échapper à la doctrine de l'Église. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Par quelle aberration les peuples ont-ils depuis des millénaires placé les morts au premier plan, prodigué pour les ruines funèbres la matière dont manquaient les vivants, tourné l’art vers les tombeaux ? Terreur des au-delà d’ignorance dont les humains apeurés jalonnaient de présents le chemin redouté. Dévoiement voulu des religions de renoncement exaltant la mort pour juguler la vie. Règne de toutes les forces assez astucieuses pour s’adjoindre le concours des ténèbres, de la routine et de la peur... Rendre un culte à la mort, à l’être mort ! ”
Paul Giran, Magie et religion annamites : introduction à une philosophie de la civilisation du peuple d'Annam (1912)
“ Et ceci renverse l'idée communément admise d'après laquelle le culte des ancêtres procéderait directement du culte des morts. Ces deux cultes n'ont entre eux, quant à leurs origines, aucun rapport. Le premier, nous le verrons bientôt, a pour principe l'impureté du cadavre; il a pour idée centrale la nécessité où se trouvent le groupe en général et la famille du défunt en particulier, de se laver de là souillure qu'ils ont contractée; l'idée de la survie ou de l'immortalité de l'individu n'y est que secondaire. ”
Alfred Loisy,
Essai historique sur le sacrifice
(1920)
“ Les morts se distinguent davantage des dieux dans les religions nationales et dans les économies de salut. Voyons la place que tient le sacrifice soit dans les rites de la sépulture soit dans le culte ordinaire des morts, tant celui qui s'est pratiqué dans les religions nationales que celui qui se rencontre dans les religions de salut éternel. ”
Fustel de Coulanges,
La Cité Antique
“ La présence d'un homme qui n'était pas de la famille troublait le repos des mânes. Aussi la loi interdisait-elle à l'étranger d'approcher d'un tombeau. [2] Toucher du pied, même par mégarde, une sépulture, était un acte impie, pour lequel il fallait apaiser le mort et se purifier soi-même. Le mot par lequel les anciens désignaient le culte des morts est significatif; les Grecs disaient patriazein, les Latins disaient parentare. C'est que la prière et l'offrande n'étaient adressées par chacun qu'à ses pères. Le culte des morts était uniquement le culte des ancêtres. ”
Paul Bory, Les premières conquêtes de l'homme (1882)
“ Elle prouvait, comme le mode de sépulture, comme les monuments, comme les autres rites funéraires, le culte profond qu'on portait aux morts; c'était, sous sa forme brutale , une éclatante manifestation du sentiment religieux dont l'homme, à tous les degrés de la civilisation, à toutes les époques de sa vie, n'a jamais pu se défendre. ”
Charles Nicolle,
La nature : conception et morale biologiques
(1934)
“ La mort, frap- paiil inéluctablement tous les humains quelles que soient leur puissance et la longueur de leurs jours, l'idée d'un prolongement de la vie, d'une autre vie possible, enviable succède naturellement au culte des morts. Ce culte, ce moyen de protection contre un esprit funeste, devient la plus sûre méthode pour obtenir une survie humaine. Le désir d'une survie, la croyance en l'immortalité sont nés du spectacle et de la crainte de la mort. Et cette contre oscillation représente encore un effet d'équilibre. ”
Alfred Loisy,
Essai historique sur le sacrifice
(1920)
“ Bien que le culte des héros ait recouvert plus d'une ancienne divinité locale, il ne laisse pas d'être un culte de morts, mais de morts importants, que l'on suppose encore aussi puissants dans l'au-delà qu'ils ont été remarquables pendant leur existence terrestre. ”
P. Giran, Exposition coloniale de Marseille… (1906)
“ En échange de ces services ou pour se les assurer, des invocations, des actions de grâce, des offrandes étaient adressées aux morts. Par le culte dont ils devenaient ainsi l'objet, les morts étaient faits dieux. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ Tant qu’il y aura des hommes surterre.il y aura des tombeaux, et les morts illustres seront honorés. Le culte voué parle christianisme à ses héros possède ce trait en propre, qu’il s’inspire de la croyance à la résurrection corporelle et n’est pas tourné simplement vers le passé, mais encore vers les perspectives de l’éternité bienheureuse. ”
Léon Roux, Le droit en matière de sépulture… (1875)
“ Or, à des degrés divers suivant les temps et les lieux, ici sans mélange d'erreur, là voilées par les ténèbres du paganisme, ces marques d'honneur et de respect se retrouvent chez tous les peuples. Partout la religion a sa place dans les cérémonies funèbres. Les novateurs qui veulent l'en exclure aujourd'hui blessent âonc un sentiment universel. Dédaigneux des leçons du passé, ils retranchent.du culte des morts l'idée religieuse que l'humanité en a toujours jugée inséparable. ”
Léon Roux, Le droit en matière de sépulture… (1875)
“ Par là, enfin, nous avons la clef de cette législa- tion sévère qu'avait inspirée le culte des tombeaux. Les lieux d'inhumation étaient considérés comme religieux et sacrés. Le Digeste consacre un titre spécial aux lois protectrices de la sépulture Ce principe, que le. bonheur ou le malheur de l'autre vie dépendait de la sépulture, imprimait aux obsèques un caractère nécessairement religieux. Mais les Romains y.joignaient une croyance qui nous paraîtrait bien étrange, si nous ne savions dans quelles erreurs est tombée l'humanité avant le christianisme. Le paganisme avait divinisé les morts. ”
François Gabriel Théodore Basset de Jolimont, Les mausolées français
“ Le dogme sacré de l’immortalité de l’ame, cette attente inquiète d’une nouvelle vie, la pieuse espérance de fléchir, en faveur de la fragile humanité, la justice suprême, inspira aux peuples la religion des tombeaux ; et celui qui fut sensible aux lois de la piété filiale, à la tendre amitié, à l’élan de la reconnaissance, rendit aux mânes un culte funéraire. ”
“ On ne dit à la messe ni Alleluia, ni Gloria in excelsis, ni Ite, Missa est. Car, dans l’ancienne loi, il était défendu d’offrir pour le péché l’huile de la joie et l’encens de la suavité. Et la mort est la vengeance du péché ; d’où ces mots : « Là où est le péché, là sont les ténèbres ; » et on ne doit point faire paraître d’allégresse ni chanter des cantiques de joie là où règnent le deuil et la tristesse du cœur ; et on célèbre avec deuil et tristesse les funérailles des morts. ”
Funérailles de M. Daniel Legrand… (1859)
“ Je crois au Saint-Esprit, la sainte Église universelle, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Amen. Mais, dira quelqu'un, comment ressusciteront les morts? Insensé! le grain que tu sèmes ne prend point vie, s'il ne meurt auparavant, et le grain que tu sèmes n'est pas celui qui renaîtra; mais Dieu lui donne le corps comme il lui plaît. Il en sera aussi de même à la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible, il ressuscitera incorruptible; il est semé méprisable, il ressuscitera glorieux ”
Charles-Émile Freppel,
Discours en faveur de l'oeuvre des tombes et des prières…
(1892)
“ En présence de tels abaissements et de telles négations, il importe plus que jamais de proclamer hautement le dogme de l'immortalité de l'âme et de la résurrection de la chair. Voilà pourquoi l'OEuvre des tombes et des prières se recommande d'elle-même à vos sympathies chrétiennes. Elle regarde en face, elle combat de front la plus grande erreur de ce temps. En fondant des anniversaires de prières pour les morts, vous affirmez la communion du monde visible avec le monde invisible, les liens qui unissent le temps à l'éternité. ”
George Perrot, Revue des Deux Mondes
“ Il est pourtant toute une part de leurs croyances, celle peut-être qui a exercé sur leurs esprits l’empire le plus absolu, que, grâce aux dispositions de la tombe et au caractère du mobilier qui la garnit, la critique peut aspirer à découvrir et à restituer : c’est la religion de la mort, c’est l’idée que les vivans se faisaient de la condition posthume des amis et des parens dont ils confiaient la dépouille à la terre, c’est les rites des funérailles et le culte que l’on rendait aux défunts. Homme dit le poète, Dove la storia è muta, parlan le tombe. ”
Stefano Evodio Assemani, Les Actes des martyrs d'Orient… (1871)
“ Courage, mes frères, et confiance en Dieu. Votre résurrection descendra avec vous dans la tombe, et quand la trompette de l'ange réveillera les morts, DES MARTYRS D'ORIENT 55 vous l'entendrez, et vous vous lèverez. Le Christ aussi a été immolé, et il est vivant : votre mort vous fera trouver la vie en lui. Souvenez-vous de ses paroles : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme. Quiconque perd sa vie pour moi la retrouvera dans la vie éternelle, La marque du vrai amour, c'est de mourir pour celui qu'on aime. ”
Marie-Joseph Ollivier,
Les Victimes de la charité : discours prononcé à Notre-Dame de Paris le 8 mai 1897 au service…
(1898)
“ Ce qui donnait l'illusion de la vie a produit l'horrible réalité de la mort, et dans le morne silence qui enveloppe Paris et la France depuis quatre jours, il semble qu'on entend l'écho de la parole biblique : « Par les morts couchés sur votre route, vous saurez que je suis le Seigneur. » ”
John Nelson Darby,
L’Attente actuelle de l’Église
“ Remarquez que la vertu de la résurrection embrasse la vie, la justification, la confiance, la gloire de l’Église. Dieu lui-même nous est présenté sous le nom de Dieu qui ressuscite les morts, qui introduit sa puissance dans les dernières profondeurs des effets de notre péché, dans le domaine de la mort, pour en faire sortir une vie qui dès lors met l’homme au delà de toutes les funestes conséquences du péché, une vie auprès de Dieu. ”
Héros et épopées, extraits de "L'Ami du drapeau" (1901)
“ La misère, la faim, la maladie, les balles, ont plus que décimé la population chrétienne; le nombre des cadavres enterrés dans notre jardin dépasse 400. Tous sont morts en bons chrétiens, en disant : « Nous mourons pour notre religion, tués en haine de la Foi, le bon Dieu nous donnera le paradis. » ”
Ernest Renan,
Marc Aurèle ou la Fin du monde antique
“ On s’imaginait, par la disparition complète des cadavres, enlever aux chrétiens l’espérance de la résurrection. Cette espérance paraissait aux païens l’origine de tout le mal. « C’est par la confiance qu’ils ont en la résurrection, disaient-ils, qu’ils introduisent chez nous ce nouveau culte étrange, qu’ils méprisent les supplices les plus terribles, qu’ils marchent à la mort avec empressement et même avec joie. Voyons donc s’ils vont ressusciter et si leur dieu est capable de les tirer de nos mains. » ”
