Résumé

Portrait de Alfred Loisy Alfred Loisy Essai historique sur le sacrifice (1920)

Le sacrifice n'est pas dans l'humanité une institution qui n'ait pas eu d'autre commencement que celui de l'humanité même, et qui ne doive pas avoir d'autre fin. Il ne semble pas que le sacrifice ait toujours existé, ni qu'il ait retenu, au cours de son histoire, une signification toujours identique. Dans ce qu'on peut appeler les religions formées, les cultes de dieux personnels, le sacrifice apparaît constitué de deux éléments, le rite magique de destruction, — soit dans une intention positive de production, soit dans une intention négative, pour élimination, — et le don rituel.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Loisy Alfred Loisy Essai historique sur le sacrifice (1920)

Autant qu'on en peut juger, le sacrifice du soma est originairement un grand rite printanier de la pluie, mais qu'il ne faut pas entendre en simple-moyen de faire tomber l'eau du ciel ; la pluie dont il s'agit est une semence de vie universelle, ce n'est pas seulement celle qui rafraîchit la terre et qui fait pousser les plantes. Le soma est une eau remplie de l'activité du feu. Il rajeunit la force des dieux, la virilité d'Indra; il réconforte aussi la virilité des brahmanes et spécialement celle du sacrifiant; de lui dépend la fécondité des femmes, qui pourtant n'en boivent pas.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Loisy Alfred Loisy Essai historique sur le sacrifice (1920)

Mais ni le rite magique de destruction ni le don rituel ne sont par eux-mêmes des sacrifices, si par sacrifice l'on entend un moyen de communiquer avec les êtres invisibles, et non simplement d'agir sur eux. Ce n'est point sacrifier que d'accomplir un rite, même sanglant; pour faire venir la pluie, si l'efficacité du rite est censée directe, et si son intention est tout entière dans cet objet. Ce n'est point sacrifier que de jeter quelque aliment à un mort pour qu'il ne fasse point un
mauvais parti aux vivants.
Source : Gallica

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