François-René de Chateaubriand,
Sublimités de Chateaubriand
(1854)
“ La jeune fiancée avait vu le sourire du printemps sur un champ d'inhumation; elle avait vu croître la primevère sur la cendre des morts;... elle pensait aussi à un ossuaire. Celui d'un cimetière de village n'a rien d'effrayant; tout y est mélancolique et doux. La plante qui croît en se penchant vers la tombe, ne laisse au coeur que les images d'une vie pure, balancée par une brise ; c'est le jeune âge qui espère. Sa feuille tombe, la déception dit tout bas : « Il faut mourir! » La description d'un champ semé de croix, faite par une bouche fraîche et souriante, émeut l'âme sans l'attrister. ”
