François-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand

Résumé

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Sublimités de Chateaubriand (1854)

L'éternité écoute et attend; la vie est à elle, la vie de l'infini... « La mort est la couronne de la vie. »
Sénèque, en adorant l'ombre de Scipion, commençait à rejeter l'adoration des dieux de pierre, et à placer ses croyances dans l'immortalité de l'âme, il disait : Je suis au pied de l'autel élevé sur la terre où est enterré le corps de ce grand homme, quant à son âme, je suis persuadé qu'elle est remontée au ciel, d'où elle était venue. »
Puis, quand l'arène des martyrs s'ouvrit, ce philosophe païen ne craignit pas de dire : « qu'en les voyant mourir ils excitaient l'homme à la vertu. »
Source : Gallica

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Sublimités de Chateaubriand (1854)

LA CLOCHE DU BERCEAU.
Le matin de la vie est comme le matin du jour, plein de pureté, d'images et d'harmonies.
Les dimanches et les jours de fête, j'ai souvent entendu, dans le grand bois, à travers les arbres, les sons de la cloche lointaine. qui appelait au temple l'homme des champs. Appuyé contre le tronc d'un ormeau, j'écoutais en silence le pieux murmure. Chaque frémissement de l'airain portait à mon âme naïve l'innocence des moeurs champêtres, le calme de la solitude, le charme de la religion, et la délectable mélancolie des souvenirs de ma première enfance ! Oh !
Source : Gallica

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Sublimités de Chateaubriand (1854)

Autant l'harmonie des qualités et des mouvements est visible dans le reste de la nature, autant leur désunion est frappante dans l'homme. Un choc perpétuel existe entre son entendement et son désir, entre sa raison et son coeur. Quand il atteint au plus haut degré de civilisation, il est au dernier échelon de la morale : s'il est libre, il est grossier ; s'il polit ses moeurs, il se forge des chaînes. Brille-t-il par les sciences, son imagination s'éteint; devient-il poëte, il perd sa pensée : son coeur profite aux dépens de sa tête, et sa tète aux dépens de son coeur.
Source : Gallica

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