Résumé

Le Tombeau de Théophile Gautier…

Toi, tu n’as pas besoin, ô poëte, ô Gautier,
Qu’une main, écartant les plis de ton suaire.
Découvre ton grand front ! ni que le statuaire
Pétrissant son argile et coulant son airain.
Élève sous nos yeux ton buste souverain.
Car tout ton œuvre est là ! Drame, Roman, Poëme ! —
En ciselant ton vers, tu t’es sculpté toi-même
Un monument cent fois plus durable et plus beau
Que les inscriptions au marbre d’un tombeau !
Et tu revis bien mieux qu’aux traits d’une statue.
Par le Temps mutilée, ou par l’homme abattue,
Dans ces fils, d’une gloire immortelle vêtus !
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Le Tombeau de Théophile Gautier…

Pleurant ce rayon de jour qu’on lui vole,
L’homme exècre en vain la mort triste et folle ;
Mais l’astre qui fut à nos yeux si beau
Là-haut, loin d’ici, dans un ciel nouveau
Plein d’autres étoiles.
Se lève, et pour lui la nuit du tombeau
Entr’ouvre ses voiles.
L’âme est dans le corps comme un jeune oiseau
Dont l’aile s’agite au bord du berceau ;
La mort, déliant cette aile inquiète,
Quand nous écoutons la bouche muette
Qui nous dit adieu,
Fait de l’homme infime et sombre un poëte,
Du poëte un dieu.
SWINBURNE.
SONNET
Pour mettre une couronne au front d’une chanson.
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Le Tombeau de Théophile Gautier…

Tout est beau, tout est bien et mon âme est en joie !
Pour renaître à l’espoir, il suffit que je voie
La stupeur que Paris, ce railleur sans remord,
Ressentit quand on dit que Gautier était mort.
Quel triomphe plus grand et plus fier pour la Muse !
Le soleil perce enfin l’obscurité confuse
Et dore de rayons éternels le laurier
Qui croît sur le tombeau de ce digne ouvrier
Mort l’outil à la main, dans un calme sublime,
Cherchant à suivre encor le vol pur d’une rime !
ALBERT GLATIGNY.
À THÉOPHILE GAUTIER
On n’a pas à pleurer sur son génie
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