Robert de Montesquiou

Robert de Montesquiou

Résumé

Portrait de Robert de Montesquiou Robert de Montesquiou Les Perles rouges

Le Bois a son feuillage, et le Siècle a ses faits.
Ce malade immortel : le Temps, a deux chevets
Dont le dais est de pourpre, et, la marche, de fange ;
En quoi l’un a péché, c’est l’autre qui le venge :
La Révolte est funeste, et l’Hiver est mauvais.
Le même Dieu, du même souffle les effleure.
La Nature est pareille à l’Histoire : elle pleure.
À l’orage, l’émeute est semblable : elle dort.
En ses transitions de l’un à l’autre règne,
Qui, du feuillage roux, passe au feuillage mort,
La Nature est pareille à l’Histoire : elle saigne !
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Portrait de Robert de Montesquiou Robert de Montesquiou Les Perles rouges

Le Soleil fut ton Dieu, tes espaces, ton astre ;
Ton Miroir de Vénus, ta lampe d’Aladin :
Tu violes son trône — il franchit ton gradin ;
Sur son orbe, ton front coïncide, et s’encastre.
Il flamboie en tes yeux, lustre ton épigastre ;
Tes Nymphes l’ont pour sceptre et pour vertugadin.
Il est le tournesol mouvant de ton jardin ;
Il est le mascaron brûlant de ton pilastre.
Tu l’arrêtes au Ciel ainsi que Josué ;
Et, dans son tabernacle, ostensoir de la France,
Versailles le contient, monstrueuse monstrance.
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Portrait de Robert de Montesquiou Robert de Montesquiou Les Perles rouges

Toutes les fleurs de Lis dont un Bourbon est ceint
Et dont Ingres joncha le bleu de Louis Treize,
Sont dans ce blanc jet d’eau qui s’irrite et s’apaise...
Le vent le courbe, un pleur l’accroît, rien ne le vainc.
Un Lis est toujours Lis, même bourbeux ou feint ;
Aux mains de Louis Quinze ou de sainte Thérèse.
Dieu qui juge les Bons et les Méchants, soupèse
Dans le bouquet dernier le sang dont il est teint.
Si le sang fut requis par le Lis, Dieu le broie ;
Dieu l’aime, si son sang pour d’autres fut versé,
Et les Cieux infinis s’en sont fait une joie.
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