“ Le lendemain matin, à la pointe du jour, le génie transporta le fils du grand vizir et la princesse de la maison d’Aladin au palais du Sultan, sans que l’un ni l’autre l’aperçut et sans qu’ils entendissent les propos qu’il échangeait avec Aladin. La princesse Bradoulboudour avait à peine réintégré sa chambre nuptiale que le Sultan y pénétra. Elle lui raconta les étranges événements de la nuit, mais il ne voulut pas y ajouter foi. Le soir, tout se passa absolument comme la veille. ”
Aladin
Définition et enjeux
Citations sur “Aladin”
“ Le génie disparut et revint presque immédiatement portant un grand bassin et douze plats d’argent chargés d’excellents mets. La mère et le fils dinèrent copieusement, après quoi Aladin dit à sa mère : — Je me garderai bien de vendre cette lampe. Puisque le hasard nous a fait découvrir ses merveilleuses vertus, sachons en profiter sagement de façon à ne pas nous attirer la jalousie de nos voisins ! ”
Au pays des féeries : quarante contes empruntés au domaine du merveilleux… (1884)
“ Aladin ne ressentait plus la moindre appréhension; il descendit crânement l'escalier et entra dans le souterrain. Ce qu'il vit, en le traversant, était tellement magnifique qu'il lui semblait faire un rêve paradisiaque. Il passa néanmoins sans s'arrêter devant les précieux trésors dont la grotte était pleine, pénétra dans le jardin, découvrit la lampe dans sa niche bleue, l'éteignit, et, après en avoir renversé l'huile, la fourra dans la poche de son pantalon. En revenant, il ne put résister à la tentation de cueillir quelques- uns des fruits du jardin. ”
Au pays des féeries : quarante contes empruntés au domaine du merveilleux… (1884)
“ Cinq années durant, Aladin vécut avec sa mère dans le bonheur le plus parfait. Le bien-être ne l'avait point rendu paresseux; loin de là, il s'efforçait d'acquérir toutes sortes de connaissances utiles. Un jour qu'il passait par hasard devant le palais du sultan, il aperçut à la fenêtre la belle princesse Fatime qui avait justement écarté son voile. Immédiatement il se sentit féru pour elle d'une passion invincible, et, de retour chez lui, il dit à sa mère : — Mère, je veux épouser Fatime, la fille du sultan. ”
Alphonse de Lamartine,
La Jérusalem délivrée
(1841)
“ Aladin et le comte de Toulouse s'aperçoivent que la ville est forcée du côté de la plaine, et Raymond s'adressant aux siens : « Compagnons, » s'écrie-t-il, Jérusalem est prise et ces Infidèles nous » résistent encore ! Serons-nous donc les seuls à n'avoir » point part à cette glorieuse victoire ! » Mais Aladin, désespéré, cède à son tour et se retire dans la forteresse, où il peut encore se défendre. Alors toute l'armée victorieuse entre à la fois, et par les portes, et par les brèches. Tout ce qui résiste est ouvert, abattu, détruit, brûlé. Le fer seconde la vengeance. ”
“ Aladin comprit alors que l’auteur de la ruse n’était autre que le magicien africain et apprit qu’il cachait la lampe sur sa poitrine ! — Princesse, lui dit-il, quand le magicien viendra vous rendre visite, recevez-le aimablement, invitez-le à souper, mettez dans un gobelet une pincée de cette poudre, en recommandant à la femme qui vous sert à boire, de vous l’apporter pleine de vin au signal que vous lui ferez. Vous proposerez alors au magicien d’échanger votre verre contre le sien : il ne manquera pas d’accepter et quand il aura bu vous le verrez tomber mort ! ”
Augustine Bulteau,
L’Âme des Anglais
“ Aladin le vagabond se conduit très correctement. Puisqu’il faut mourir, il fait sa prière, et avec une résignation de gentleman s’abandonne à Dieu. En joignant les mains, il touche une bague que le magicien lui avait remise pour qu’elle l’aidât dans son expédition ; à peine l’a-t-il effleurée qu’un génie apparaît, le délivre et le rapporte chez sa mère. ”
Au pays des féeries : quarante contes empruntés au domaine du merveilleux… (1884)
“ Après avoir longtemps marché, ils arrivèrent à un étroit vallon enfermé solitairement entre deux montagnes. Là, le magicien s'arrêta et dit à Aladin : — Va me chercher des broussailles sèches et mets-y le feu : tu verras ce que personne au monde n'a encore vu. Aladin obéit, sans chercher à comprendre. Quand la flamme s'éleva crépi- tante, l'étranger jeta quelque chose dans le brasier en faisant des gestes étranges et en marmottant des paroles inintelligibles ”
“ Le bourreau tira son grand sabre. Les exigences du Sultan parurent si énormes à la mère d’Aladin qu’elle fut étonnée de voir celui-ci accueillir le résultat de sa démarche avec une évidente satisfaction. Il s’entretint aussitôt avec l’esclave de la lampe après l’avoir fait surgir par le moyen habituel. Le génie revint bientôt accompagné de quarante esclaves blancs, ainsi que de quarante esclaves noirs portant chacun sur la tête un bassin d’or massif rempli de perles, de diamants, de rubis et d’émeraudes. ”
Mme Doudet, Les Mille et une nuits racontées à Bébé… (1884)
“ Cet inconnu n'était en réalité qu'un habile magicien auquel le concours d'A- ladin était indispensable pour l'exécution d'un projet que vous connaîtrez tout à l'heure. Il se montra très généreux pour Aladin et sa mère. Grâce à lui, les pauvres gens con- nurent l'aisance pour la première fois de leur vie, et de riches vêtements remplacèrent les misérables haillons qui les couvraient. ”
“ Le magicien fit un tas de broussailles sèches, y mit le feu Un gigantesque et hideux génie se dressait devant elle. Le génie revint portant un grand bassin. et versa dessus un liquide en prononçant de mystérieuses paroles... Aussitôt la terre s’entr’ouvrit, mettant à découvert une grosse pierre carrée, munie en son milieu d’un anneau. — Sachez, dit le magicien à Aladin, que, sous cette pierre, un trésor est caché qui vous est destiné, prononcez le nom de votre père en empoignant l’anneau : la pierre viendra à vous sans peine. ”
Au pays des féeries : quarante contes empruntés au domaine du merveilleux… (1884)
“ Que me commandes-tu? — Conduis-moi hors de ce lieu effrayant! répond Aladin d'une voix suppliante, transporte-moi à Bagdad, chez ma mère! A peine avait-il achevé de parler, qu'il se retrouva chez lui : — Chère mère, dit-il, donne-moi vite à manger; je meurs de faim. En même temps il se laissa choir, à demi évanoui, sur le divan. La vieille épouvantée se hâta de satisfaire son désir, et quoique le repas ne consistât qu'en un morceau de pain sec et én un peu d'eau, Aladin se sentit aussitôt tout réconforté, et put raconter à sa mère ce qui lui était arrivé. ”
Ève Circé-Côté, Bleu, blanc, rouge
“ Un froid sépulcral vous glace les os en longeant ces interminables couloirs où les personnes qui passent à l’autre bout vous paraissent de la grosseur des mouches. Il semble que la baguette d’un enchanteur vient de vous transporter dans un souterrain d’Aladin, où tout s’anime par le souffle d’un génie invisible. ”
Alphonse de Lamartine,
La Jérusalem délivrée
(1841)
“ Il était né cruel, mais l'âge avait adouci son caractère farouche. La venue des Chrétiens qui se disposent à l'attaquer excite ses soupçons, accroît ses anciennes terreurs ; il craint ses sujets, il redoute ses ennemis. Deux religions contraires divisent la population d'une même cité. Les Chrétiens sont plus faibles et moins nombreux que les Musulmans qui ont la force et le pouvoir. Aladin, conquérant de Sion et fondateur de cet empire, a diminué les impôts en faveur des Infidèles et en a rejeté tout le poids sur les adorateurs de Jésus-Christ. Il sait qu'il mérite leur haine ”
Aladin ou la lampe merveilleuse (1912)
“ Aus-si-tôt il vit ap-pa-raî-tre les quaran-te es-cla-ves noirs por-teurs cha-cun d'u-ne caisse de Bé-né -dic-ti-ne, puis les qua-ran-te es-cla-ves blancs. ALADIN se vê- tit d'ha-bits ma-gni-fiques, sau-ta sur un super-be che-val blanc et se di-ri-gea vers le pa-lais du Ca-life. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et Aladdin ouvrit les yeux ; et, dès qu’il eut reconnu l’éfrit, il se leva d’à côté de la princesse, et alla un peu à l’écart, pour n’être entendu que de l’éfrit, et lui dit : « Hâte-toi d’aller tirer des cabinets le fils du vizir ; et reviens le déposer dans le lit, à la place qu’il occupait. Puis transporte-les tous deux dans le palais du sultan, à l’endroit même où tu les as pris. Et, surtout, surveille-les bien pour les empêcher de se caresser ou même de se toucher ! » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ « Il n’y a de recours et de puissance qu’en Allah ! » Or, dans ce mouvement, Aladdin, sans le vouloir, frotta l’anneau qu’il avait au pouce et que lui avait prêté le magicien pour le prémunir contre les dangers du souterrain. Et il ne savait pas, ce Maghrébin maudit, que cet anneau devait précisément sauver la vie à Aladdin, sans quoi il ne le lui aurait certes pas confié, ou se serait hâté de le lui arracher, ou même il n’aurait fermé le souterrain qu’après le lui avoir fait rendre. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Le vieux serviteur ayant un jour oublié de fermer après lui la porte du souterrain, Alaeddin, profitant de cette occasion, monta les degrés, et entra par hasard dans l’appartement de sa mère, où il y avoit ce jour-là un grand cercle de dames de la première distinction. À l’apparition de ce jeune homme, qui s’avançoit comme un esclave ivre, ces dames baissèrent promptement leurs voiles, et dirent à sa mère : « Comment, Madame, pouvez-vous laisser entrer ici cet insolent, au mépris de la pudeur et des lois sacrées du prophète ? » ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ « Tout cela, dit le visir, s’est fait par ordre du souverain Commandeur des croyans. C’est lui-même qui vous a fait tous ces présens, par l’affection extrême qu’il a conçue pour vous. » Le calife étant rentré sur ces entrefaites, Alaeddin se jeta à ses pieds, et lui témoigna sa vive reconnoissance. « Dieu prolonge les jours de votre Majesté, s’écria-t-il, et répande à jamais ses bienfaits sur elle pour la générosité dont elle a usé envers son esclave ! » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et le genni répondit : « J’écoute et j’obéis ! » et disparut. Or, le lendemain, à la pointe du jour, Aladdin était encore dans son lit, quand il vit paraître devant lui l’éfrit de la lampe, qui, après les salams d’usage, lui dit : « Ô maître de la lampe, tes ordres sont exécutés. Et je te prie de venir en contrôler la réalisation ! » Et Aladdin acquiesça à la chose, et l’éfrit le transporta aussitôt à l’endroit désigné et lui montra, vis-à-vis du palais du sultan, au milieu d’un magnifique jardin, et précédé de deux immenses cours de marbre, un palais bien plus beau que celui qu’il attendait. ”
Les mille et une nuits. Tome 8 (1822)
“ Quand Aladdin eut achevé : « Je vous avoue, lui dit la princesse, que je me fais une grande violence, en consentant à faire au magicien les avances que je vois bien qu'il est nécessaire que je fasse; mais quelle résolution ne peut-on pas prendre contre un cruel ennemi! Je ferai donc ce que vous me conseillez, puisque de là mon repos ne dépend pas moins que le vôtre. » Ces mesures prises avec la prin- cesse, Aladdin prit congé d'elle, et il alla passer le reste du jour aux environs du palais, en attendant la nuit pour se rappalais , procher de la porte secrète. ”
Les mille et une nuits. T3 (1837)
“ Il la lui enseigna, et le magicien africain le laissa aller. Aladdin porta les deux pièces d'or à sa mére; et dès qu'il eut dit quelle était l'intention de son oncle, elle sortit pour les aller employer, et revint avec de bonnes provisions et comme elle était dépourvue d'une bonne partie de la vaisselle dont elle avait besoin, elle alla en emprunter chez ses voisins. Elle employa toute la journée à préparer le souper; et sur le soir, dès que tout fut prêt, elle dit à Aladdin Mon fils, votre oncle ne sait peut-être pas où est notre maison; allez au-devant de lui et l'amenez si vous le voyez. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Puis après un moment de silence, il reprit Aladdin dans ses bras, le serra contre sa poitrine, et lui dit : « Pourtant, ô mon fils, glorifié soit Allah qui me fait te rencontrer ! Tu vas désormais être ma consolation et tu remplaceras ton père dans mon affection puisque tu es son sang et sa descendance ; car le proverbe dit : Celui qui a laissé une postérité, n’est pas mort ! » Puis le Maghrébin tira de sa ceinture dix dinars d’or et les mit dans la main d’Aladdin, en lui demandant : « Ô mon fils Aladdin, où donc demeure-t-elle, ta mère, la femme de mon frère ? » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et aussitôt la plaque de marbre qui servait à fermer l’entrée du caveau se souleva d’elle-même et se remit à sa place première, en bouchant exactement le trou de l’escalier ; et la terre trembla et se referma ; et le sol devint aussi net qu’avant son ouverture. Et Aladdin se trouva de la sorte enfermé dans le souterrain. Or, le Maghrébin était, comme il a été déjà dit, un magicien insigne venu du fond du Maghreb, et non point l’oncle ni le parent de près ou de loin du jeune Aladdin. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ « Sire, lui dit Aladdin, je supplie votre Majesté de me dispenser aujourd’hui de cet honneur : je viens la prier de me faire celui de venir prendre un repas dans le palais de la princesse, avec son grand visir et les seigneurs de sa cour. » Le sultan lui accorda cette grâce avec plaisir. Il se leva à l’heure même ; et comme le chemin n’étoit pas long, il voulut y aller à pied. Ainsi il sortit avec Aladdin à sa droite, le grand visir à sa gauche, et les seigneurs à sa suite, précédé par les chiaoux et par les principaux officiers de sa maison. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ « C’est le destin qui nous perd, répondit Alaeddin, je voulois dire que je n’ai rien vu de votre visage : l’erreur de ma langue cause notre mort. » On fit mettre, selon l’usage observé dans les exécutions, Alaeddin et la princesse sur le tapis de cuir appelé le tapis de sang ; on déchira le bord de leurs habits, et on leur banda les yeux. L’exécuteur tourna autour d’eux, en disant : « Le Commandeur des croyans ordonne-t-il que je frappe ? » « Frappe, dit le calife. » L’exécuteur tourna une seconde fois, en prononçant la même formule, à laquelle le calife répondit par le même mot. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et elle raconta sans arrêt, à son père, toute son histoire, dans ses moindres détails, sans rien oublier. Mais il n’y a aucune utilité à la répéter. Et quand elle eut fini de parler, Aladdin, qui jusque-là n’avait pas ouvert la bouche, se tourna vers le sultan stupéfait à la limite de la stupéfaction et lui montra, derrière un rideau, le corps inerte du magicien, dont le visage était tout noir par la violence du bang, et lui dit : « Le voilà l’imposteur, cause de notre malheur passé et de ma disgrâce ! Mais Allah l’a puni ! » ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Alaeddin ayant frappé à la porte de la maison où il avoit passé son enfance, entendit avec un plaisir inexprimable la voix de sa mère, qui demanda, sans ouvrir : « Qui est là ? Que veut-on à d’infortunés parens qui ont perdu ce qu’ils avoient de plus cher au monde ? » « C’est votre fils Alaeddin, lui cria-t-il. » « Alaeddin, dit-elle avec un soupir, est mort il y a long-temps ! » « Ma mère, dit-il en élevant la voix, de grâce, ouvrez-moi, je suis votre fils Alaeddin. » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Mais Aladdin ne tarda pas à l’en dissuader, car avant qu’elle eût le temps d’ôter son voile de visage, il lui dit : « Ne perds pas le temps à enlever ton voile, ô mère, car tu vas être obligée de ressortir, sans retard, pour aller accompagner au palais ces esclaves que tu vois rangés dans notre cour ! Les quarante esclaves femmes portent, comme tu peux le remarquer, la dot réclamée par le sultan pour prix de sa fille ! Je te prie donc, avant même de préparer le repas, de me rendre le service d’accompagner le cortège, pour le présenter au sultan ! » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ « Ô fils de chien, veux-tu tout de suite me donner cette lampe ou mourir ? » Et Aladdin, qui ne sut guère à quoi attribuer ce changement de manières de son oncle, et terrifié de le voir dans une telle fureur, et redoutant de recevoir un second soufflet plus violent que le premier, se dit : « Par Allah ! il vaut mieux que je l’évite ! Et je vais rentrer dans le caveau, en attendant qu’il se soit calmé ! » Et il tourna le dos, et, relevant sa robe, il rentra prudemment dans le souterrain. ”
