E. J. Jaccoud

Résumé

E. J. Jaccoud Les Clartés intérieures (1933)

Quand le soir sera là, voluptueux et lourd, je m'assoirai lascif et fatigué du jour à tes pieds, étendu sur une peau de buffle et te murmurerai ce que la nuit m'insuffle.
Déjâ la mosaïque et le fond du patio dorment et l'on n'entend que le bruit du jet d'eau. Je caresse amoureux tes pieds et tes sandales, tu laisses ta ceinture être à mes doigts un jeu. Un engourdissement vient prendre peu à peu notre coeur languissant et l'amour s'y installe.
Source : Gallica

E. J. Jaccoud Les Clartés intérieures (1933)

Et je mettrai mes pleurs que la douleur mordore et je mettrai mes pleurs pour emplir votre amphore.
PAYSAGE
Il fait soleil et là-haut un grand vent boit les poteaux ; rires des fleurs, verts et jaunes et la neige est une aumône.
Tu sens tes nerfs se distendre l'âme vole aux alentours et trouve à un carrefour un bon ami sûr et tendre.
Le jour au déclin se meurt : des pavots verse la nuit doux et câlin je demeure dors vers les fleurs et les fruits.
Source : Gallica

E. J. Jaccoud Les Clartés intérieures (1933)

La vierge douce que chamarrent Une couronne, une simarre la vierge douce au nez rongé — car dans les saintes processions les enfants gauches l'ont heurtée — veille la nuit au fond d'une niche où les prières croisent leurs grands bras malades et dansent les amours fiévreux ou maussades tour à tour.
Source : Gallica

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