Fernand Gregh

Fernand Gregh

Résumé

Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Revue des Deux Mondes

“ Qu’il enivre d’un tiède et mystérieux vin,
Quelque chose qu’on sent parfois un peu divin,
Quelque chose d’immense, et d’auguste, et de vain :
C’est comme un grand soupir de Dieu dans les ténèbres.
BEAUTÉ
Ce soir, je me sens plein de rêve, à fondre en pleurs :
Partout mon âme crée une autre âme infinie ;
Mon silence dans l’air évêque une harmonie,
Et mes yeux refermés font éclore des fleurs.
Mon sang anime au loin de ses jeunes chaleurs
Le vieux monde où s’éveille un fraternel génie,
Et je vois se mêler, dans une ombre bénie,
Les gestes des contours aux regards des couleurs.
”
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Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Revue des Deux Mondes

“ Je m’écriais : Ô nuit ! balbutiant d’extase,
Je répétais : Ô nuit ! sans dire un mot de plus ;
J’aurais voulu pouvoir submerger d’un reflux
D’étoiles mon cœur vierge offert comme un beau vase.
Ce vent venu de noirs pays délicieux,
J’aurais voulu pouvoir l’arrêter au passage.
En regardant là-haut ces soleils en voyage,
Je croyais regarder la vie au fond des yeux.
Maintenant, la fatigue a déjà fait plus blême
Ce front nu dont je sens la pâleur certains soirs ;
Et cependant le charme est demeuré le même :
Le bonheur est plus fort que tous nos désespoirs !
”
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Portrait de Fernand Gregh Fernand Gregh,  Revue des Deux Mondes

“ Aujourd’hui sa vieillesse est comme sa jeunesse,
Et se confond là-bas dans un pareil néant...
Et ce sera pour nous un jour comme pour elle :
D’autres peut-être, ici, se souviendront de nous
Avec le même étonnement pensif et doux
Et la même pitié tristement fraternelle.
Oui, d’autres, en ces lieux que notre âme revêt
Maintenant de sa jeune et vive fantaisie,
Penseront, effleurés d’un vent de poésie :
C’est ici qu’autrefois un couple humain rêvait.
”
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