Jean-Paul Tersanne

Résumé

Jean-Paul Tersanne Inquiétudes, poèmes (1926)

Si ces monts s'épaulant vers le ciel, si l'orage courant sur l'horizon vers un but inconnu, si l'oiseau qui s'élève en chantant, éperdu, par leurs essors sans fin témoignent votre ouvragé,
Seigneur, exaspérez l'angoisse de mon âme, car c'est vers vous que crie en naissant mon désir ; alarmez ces vivants qui rient et vont mourir, pour que leur pâle effroi vers vous se tourne et clame ;
Risquant sur l'infini mon anxieuse plainte, je vais, mains en avant, dans notre monde étroit. A tâtons, dans le noir, je me heurte aux parois. Seigneur, viens rallumer ma pauvre lampe éteinte !
Source : Gallica

Jean-Paul Tersanne Inquiétudes, poèmes (1926)

Le passé fuit silencieux, le firmament reste impassible, mais flambe au ciel inaccessible l'éclair : signature de Dieu.
XXXVII — VOYAGE ! DESIR ! DESIR !
Les arbres s'enfuient et les fermes passent et la plaine accourt au-devant du train et, toujours nouveau, l'horizon vorace s'ouvre à mes désirs s'élançant plus loin.
Inquiets, les monts du couchant regardent, se disant tous bas : « où donc s'en vont-ils ? » mais, sourd et brutal, le convoi poignarde de l'air insurgé l'obstacle subtil.
Dans la douce nuit qui croule en silence nous guident au but les lignes de fer.
Source : Gallica

Jean-Paul Tersanne Inquiétudes, poèmes (1926)

Du ciel l'impénétrable voûte fuit notre oeil en vain le fouillant. Un insecte, antenne en avant,
sur le sentier cherche sa route.
Ainsi l'homme doute, tâtonne et voudrait saisir l'au-delà... L'horizon noir qui l'environne recule à chacun de ses pas.
Un savant à l'esprit subtil a calculé le poids des astres... (Les cieux sont bien étroits, dit-il, nous en dresserons le cadastre.)
Mais l'âme, toujours inquiète, ne peut se fixer nulle part...
La plus lointaine des planètes n'est jamais qu'un point de départ...
Pour un monde futur se forme la nébuleuse éparse encor...
Source : Gallica

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