Résumé

Raoul Racinet Raoul Racinet. 1861-1931. Reliquiae… (1931)

C'est la nuit, une nuit aux profondes ténèbres, Que double un lourd écran de nuages funèbres ; Le ciel est d'un noir d'encre, et la mer, noire aussi, N'a pour l'illuminer que l'éclair cramoisi Et les jaunes rayons des phares de la passe, L'aérien reflet de la Hève, qui passe Au fond du firmament, couvert d'un voile épais, Et les feux des vaisseaux ancrés en rade. Mais, Au fond du golfe, vers Cabourg, l'Orne ou la Manche, Un mystérieux phare aux longues flammes blanches, Au ras des sombres flots de l'horizon de mer, D'instant en instant, lance au ciel un bref éclair.
Source : Gallica

Raoul Racinet Raoul Racinet. 1861-1931. Reliquiae… (1931)

Ni la Trouville d'or aux élégants salons Alignant ses villas sans nombre au bord des grèves Dont l'ardent soleil d'août brûle les sables blonds.
Pourtant je t'aime, avec ta grise lieutenance, Ton clocher béquillard au pittoresque abord,
Tes logis d'autrefois, pleins d'ombre et de silence, Et les buildings tassés des quais de ton vieux port.
Doux nid vert, où s'écoule en paix la vie heureuse, Et qui, là-bas, t'endors dans les brouillards bleuis, Qu'il fait bon aller seul par ta forêt ombreuse Cueillir la fleur du rêve au bord de tes taillis.
Source : Gallica

Raoul Racinet Raoul Racinet. 1861-1931. Reliquiae… (1931)

A l'horizon brun-roux le soleil lentement Meurt derrière les toits d'une ferme embrumée, D'où monte en spire bleue un filet de fumée. Les sentiers sont déserts et les taillis sans voix. Un corbeau passe. Au nord, la cîme des grands bois, Où les feuilles bientôt pleuvront en avalanches, S'estompe en son frileux manteau de brumes blanches ; Et tout au fond, au vieux clocher là-bas dormant, L'angélus dans l'air gris tinte au loin tristement.
La Neige
Décembre a ramené la saison des frimas ;
La neige, lente, épand, au loin, ses blancs amas ;
L'âpre hiver, déchaîné, désole nos rivages.
Source : Gallica

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