Noël Vesper

Résumé

Noël Vesper Figures de la voie sacrée (1931)

Est-il quelque projet que ton amant ne fasse, Ira-t-il conjurer les astres d'Orient?
Ou comme le tenta le poète de Thrace Dans le funèbre écho de Cerbère aboyant, Descendrai-je vers l'ombre et le passé fuyant T'arracher, Eurydice, à l'Achéron vorace?
Hélas ! il n'est plus rien qui sauve, en un tel jour Où se trouvent liés la Parque avec l'Amour,
Ce que tu m'as donné de puissant et de tendre;
L'une épuise le cœur et l'autre le désir...
Si déjà nous tremblons aux bords du souvenir, Comment survivrons-nous à cette double cendre?
Source : Gallica

Noël Vesper Figures de la voie sacrée (1931)

Ah ! de ces tristes bords où le jour est en fuite, Ces rives où tu vois des noirs cyprès la suite Gémissante, et les fûts d'un temple — cet enclos Garde, vide et jaloux, ce qui n'est pas éclos —, j'appelle Orphée.. Orphée! 0 rives plus parfaites, Mes bras veulent étreindre et mon cœur peut brûler, J'ai frémissant en moi tout l'être à t'immoler. J'arrache mon corps vierge à sa gangue éternelle, Je rassemble mes sens, et mon âme rebelle Je la fixe, la règle, et prépare en secret Le délire ! Demain tout montera d'un jet !
Source : Gallica

Noël Vesper Figures de la voie sacrée (1931)

Les myrtes éternels, tremblent découronnés De leur cendre, les flots par eux-mêmes bornés .
Se figent, et l'Enfer retenu sur sa pente Fléchit, tel que l'on voit annoncer la tourmente Un peuplier tordu d'un vent soudain et court, Quand bergers et troupeaux se hâtent. Vers le jour, Vers le gouffre nouveau de clarté que tu creuses,
Se presse un peuple obscur des âmes malheureuses, Mais ce peuple invisible est celui-là qui met Entre nous deux, Orphée, un tumulte secret.
C'est bien ! Tu dis le nom : Eurydice ! Et je monte !
Source : Gallica

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