âtre

Définition et enjeux

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Le livre des mères : les enfants (1870)

“ L'été, vous courez dans les fleurs; L'hiver, vous jouez près de l'âtre.
La poésie, esprit des cieux, Près de vous, enfant, s'est posée; Votre mère l'a dans ses yeux, Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux! Vivez! — La joie est vite absente; Et les plus sombres d'entre nous Ont eu leur aube éblouissante.
Comme on prie avant de partir, Laissez-moi vous bénir, jeune âme, — Ange qui serez un martyr, Enfant qui serez une femme!
”
Source : Gallica

André Baillon,  Moi quelque part

“ En louant ma hutte, ce qui m’a décidé, c’est qu’il y avait un âtre. Sans l’âtre, peut-être serai-je un Monsieur mort dans un cimetière de la ville. Mais il y avait l’âtre et je vis. On se sent tout de suite loin, quand on fait des flammes à même les pierres, avec du bois que l’on casse sur les genoux : on devient simple. En ville, mes flambées incendieraient un Palace. Ici elles montent libres, inoffensives et claires. On peut installer des chaises alentour. On tend la main, le feu est un ami qui vous reçoit. Quelquefois pour rire, il vous pousse sous le nez sa langue chaude et rouge. ”
Source : Wikisource

Portrait de André Lafon André Lafon,  L’Élève Gilles

“ Aux questions affectueuses de ma tante sur nous-mêmes et sur mon père, ma mère répondant de façon évasive, et plutôt avec les yeux, ma tante cessa bientôt d’interroger.
Je regardais, autour de moi, le nouveau visage des choses ; l’intimité de l’hiver changeait l’aspect de la pièce où nous vivions, les soirs d’été, l’âtre éteint, les fenêtres ouvertes à la brise. L’abat-jour ne projetait qu’un cercle de clarté, au delà duquel les meubles s’enveloppaient d’ombre, et semblaient s’écarter de notre vie. Segonde allait et venait, portant du bois au feu, dressant la table.
”
Source : Wikisource

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