Résumé

La corvée — Deuxième concours littéraire

C’est sous l’empire de cette confiance ou de cette conviction que nous lançons aujourd’hui notre deuxième concours littéraire, pour sujet duquel nous avons choisi la Corvée ; la courvée comme disent nos habitants.
De toutes nos bonnes vieilles coutumes, la corvée est incontestablement l’une des plus jolies et l’une des plus révélatrices de la nature sociable et charitable, en d’autres termes française et catholique, de nos excellentes populations rurales ; on s’y rend comme à une fête parce qu’elle fournit une occasion de se rencontrer nombreux, de rire et de causer, et de rendre service.
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La corvée — Deuxième concours littéraire

Cependant, le soleil baisse toujours ; dans le grand jardin il y a pour tout bruit le froissement du feuillage et, à intervalles, un froufroutement prolongé : ce sont les vingt pigeons blancs de Charlemagne qui font la navette, en un vol unique et splendide, du toit de l’écurie à celui de « Vieux-Temps ». Oh ! la belle, la merveilleuse journée !...
« Six heures ! » crie tout-à-coup Madame Cadorette. « Assez travaillé, mes enfants Jean, mon petit garçon, viens avec Charles-Auguste ramasser tout ce blé-d’Inde et le mettre dans ma grande cuve à laver, pour qu’on fasse l’épluchette, à soir... »
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La corvée — Deuxième concours littéraire

C’était elle encore la bonne neige blanche qui criait sous la lisse du traîneau, qui naissait de l’haleine de la bête et revenait en arrière s’accrocher en étoiles menues sur le châle noir de la vieille.
La pente s’accentua et la jument se mit au pas.
— Comme ça, Jacques, notre curé organise sa grande corvée pour après-demain ?
— Oui, Aurélie, et ça m’a l’air qu’il va y avoir gros de monde !
— Et toi ?
— Oh ! moi, je suis vieux, plus vieux que les autres. Mais c’est pour la charité, vois-tu. Y a tant de pauvre monde à la ville.
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