Marie-Victorin

Marie-Victorin

Résumé

Portrait de Marie-Victorin Marie-Victorin,  Récits laurentiens

“ La vie serait dure, des fois, allez ! si on n’avait pas la religion pour se consoler !... Ils ont tous leur chapelet, continua-t-elle en changeant de ton, même celui-ci !
Et elle soulevait en même temps, avec un sourire plein de choses qu’elle ne disait pas, son bébé de trois semaines dont la tête vermeille brillait dans la blancheur du linge comme une pivoine dans un bouquet de lis.
À ce moment, Lévesque, écartant le rideau, parut un marteau à la main. Sans mot dire, il marcha au mur, planta un clou à la suite des autres et y suspendit un petit chapelet d’étain.
”
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Portrait de Marie-Victorin Marie-Victorin,  Récits laurentiens

“ C’est un chagrin d’enfant, mais vous savez bien qu’il n’y a pas de chagrins d’enfant ; il n’y a que des chagrins tout court : le nuage n’est jamais petit qui couvre tout le ciel et l’assombrit ! Aussi, après vingt-cinq ans, quand je pense à la mésaventure que je vais vous raconter, je n’ai pas plus le cœur à rire qu’en ce temps déjà lointain où je courais les champs de Saint-Norbert en culotte de coutil, et sur le miroir du souvenir je confonds toujours dans le même ressentiment le masque rustique de Baptiste Juneau et la gueule baveuse de sa jument rouge. ”
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Portrait de Marie-Victorin Marie-Victorin,  Récits laurentiens

“ Le printemps est revenu et avec lui la joie du soleil chaud, les grands coups de sève dans les bourgeons et, au fond de l’herbe, le puissant réveil de la vie.
Le père Delage a encore vieilli. On n’entend plus, dans la maison que le pas menu des femmes et le babil d’Alfred et de Joseph, les orphelins de Basile. Faute de bras, la terre, la bonne terre des Delage, pour la première fois depuis deux cents ans, va rester en friche. Les sillons ouverts par Basile ne seront pas fermés.
”
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