Frère Gilles

Résumé

Frère Gilles Les choses qui s’en vont… (1918)

Malgré les nombreux lustres qui séparent son époque de celle où les arts prennent définitivement racine chez nous, qui refuserait de reconnaître dans le fils du Pauvre d’Assise, comme l’un de nos précurseurs sur cette voie de beauté, et de saluer à cet horizon, comme à celui de notre Foi, la pensée franciscaine, semeuse obscure de cette moisson d’art qui ne demande aujourd’hui qu’à s’épanouir, sous le soleil de la vie chrétienne, et qui promet, comme elle, une floraison et des fruits dignes d’un peuple qui n’a pas cessé de croire.
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Frère Gilles Les choses qui s’en vont… (1918)

En perdant le moulin-à-vent, le paysage a perdu un élément de beauté ; il a vu s’évanouir en même temps un peu de sa vie et beaucoup de sa poésie. Quand j’aurai ajouté, pour ne pas critiquer déraisonnablement le progrès, que la nouvelle machine est plus pratique — seul éloge qu’il ambitionne, d’ailleurs — vous me laisserez bien, en paix, regretter nos vieux moulins, au moins pour les hirondelles...
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Frère Gilles Les choses qui s’en vont… (1918)

Voici d’abord notre vieille connaissance, le rouet : vous savez, le rouet de nos mères et de nos grand’mères, et des grand’mères de nos grand’mères. Nobilisé par les faveurs des reines antiques, et partant, jouissant d’une indépendance reconnue de tous, son rôle auprès du métier, consiste dans le filage de la chaîne et de la tissure — laine ou chanvre — que celui-ci transformera en étoffe ou en toile. Il ne déroge ni ne s’abaisse ; mais il se prête seulement, et le plus aimablement du monde.
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