Léon Pamphile LeMay

Résumé

Léon Pamphile LeMay Fêtes et corvées

Il venait de voir la première mascarade.
Le carnaval, parmi nous, en est à son dernier jour, puisqu’il naît véritablement et meurt avec les jours gras. Mais, comme tout ce qui va s’éteindre, il brille d’un éclat plus vif, et parait se réveiller avec une vigueur que l’on ne suppose qu’à la jeunesse.
Le carême, voyez-vous, arrive pâle et décharné : on ferme les yeux pour ne pas le voir. Et pourtant notre carême à nous, quel bonhomme de carême en comparaison de celui de nos pères ! Mais pardon ! j’oublie que le carême n’est pas une fête populaire.
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Léon Pamphile LeMay Fêtes et corvées

Le père Duvallon se serait bien donné garde d’oublier un parent ou un ami. Il n’aurait voulu froisser personne, d’abord ; puis, il aimait bien s’amuser un brin. Mathias et les siens, un peu vaniteux, auraient préféré trier les convives. Ils durent cependant ouvrir grande la porte, pour ne pas déplaire au père Duvallon. Et puis, ça n’arriverait toujours qu’une fois.
Le matin était un peu froid, mais les chemins étincelaient comme des ceintures diamantées sous les reflets d’un beau soleil d’avril. Le soleil, un jour de mariage, semble un gage de bonheur. L’union sera sans nuages.
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Léon Pamphile LeMay Fêtes et corvées

Mais en revanche ils se sont identifiés avec le jour même de la fête, et on les appelle les Mardi-gras !
Et voilà comme s’en va le carnaval sous notre ciel rigoureux. À ces fêtes excentriques où tout le monde est convié, où les fantaisies courent la rue, où la gaîté, l’entrain et la folie se donnent la main et dansent leurs rondes vertigineuses, il faut du soleil et de la lumière, il faut des hommes un peu efféminés par la douceur du climat et la poésie de l’existence, il faut des femmes brûlées par les rayons du jour et les rêves de la nuit...
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