Laurent Tailhade,
Les saisons et les jours
(1917)
“ Qui l’a connu, aimé, aux heures de la jeunesse, qui, libre d’ambition, exempt de soucis et gonflé de sève comme les tilleuls de Messidor a, sous leurs dômes pacifiques, goûté l’enivrement du matin, la beauté païenne, les souffles vierges de la montagne, en rapporte — je le sais ! — pour les heures mornes et le crépuscule de la Vie, une allégresse qui ne meurt pas. Tels ces pasteurs des contes bleus qui, sur le coup de minuit, à la Saint-Jean d’été, ont reçu d’une fée amicale, sous les branches odorantes, le philtre suprême, l’élixir de jouvence éternelle et d’indestructible amour. ”
