Résumé

Catalogue sommaire des peintures… (1926)

Ses ailes ouvertes remplaçant des bras, une dernière foulée la suspend au-dessus du gouffre et, dans sa face androgyne, ses yeux bleus fixent le zénith. Mais une créature éperdue, une vierge mortelle — une âme en larmes — s'est jetée d'un bond au col de la chimère qu'elle aime, abandonnant derrière soi ses terrestres voiles, rejetant la tête en arrière pour ne pas voir l'abîme béant ; un même aquilon fouette leurs chairs, et leur élan passionné les conjoint un instant en un groupe tout entier dessiné sur le ciel. Je ne connais pas, dans l'histoire de l'Art, de symbole plus net et plus sublime.
Source : Gallica

Catalogue sommaire des peintures… (1904)

Appuyé sur sa lance, le dos au roc, un pied au bord de l'abîme, l'athlète, penseur maigre et musclé, est aux prises avec la sphinge, car c'est un sphinx femelle qu'a conçu la légende thébaine. Elle s'est agrippée à lui. Ses griffes de derrière s'accrochent à ses cuisses, ses griffes de devant labourent sa poitrine, sa croupe de lionne se cambre, ses deux ailes se dressent, son sein de femme est pointe vers le cœur du héros, et son profil fuyant, ironique, agressif, l'interroge, lui pose la question.
Source : Gallica

Catalogue sommaire des peintures… (1904)

Le mince corps d'Orphée flotte, dans une position verticale, et semble dormir, comme une vierge confiante, sur l'épaule athlétique du Centaure, qui courbe sa tête attristée. Il sait le prix de son divin fardeau. Car son être, accordé à nouveau, rythme un pas adouci par les chants du poète qui n'est plus. Le Centaure pleure la mort d'Orphée et la tête d'Orphée pleure sur le Centaure. Ainsi le soleil d'une vie nouvelle se lève dans l'homme instinctif. Comprendre le poète, c'est vouloir le héros.
Source : Gallica

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