Pierre Mille,
Barnavaux et quelques femmes
(1908)
“ Ils chantaient : c’étaient des cris douloureux, harmonieux et lents, si tristes et si clairs dans la bouche des femmes-sirènes, si graves et sombrement désespérés dans la gorge profonde des mâles ! Ils chantaient l’antiquité de la race des sirènes, et sa décadence. Elle est apparue presque aux premiers âges du monde, alors que la mer couvrait toute la surface du globe ; les sirènes ont été la première tentative de la nature pour réaliser, au sein même de l’océan universel, un être qui ne fût pas une brute pure, pour créer un organisme doué vraiment d’un cerveau et d’un cœur. ”
