Renée Vivien,
Brumes de fjords
“ C’est sur un oreiller sans repos que jadis j’ai répandu la neige odorante de ma chevelure... Mes lèvres avaient le parfum d’une fleur et la saveur d’un fruit... Les instants de la nuit passaient ardents et brefs comme les éclairs d’été, et, lorsque je m’endormais enfin, brûlante et lassée, c’était pour rêver encore d’enlacements et d’étreintes... « Le goût de l’amour me consume dans la mort, et je suis revenue, insatiable amante, afin de chercher l’ombre des baisers dont le souvenir me tourmente dans l’au-delà. « Car rien de l’infini ne vaut l’heure d’incertaine volupté... » ”
