Franck Pilatte

Résumé

Franck Pilatte Les Maritimes, poésies... (1888)

A M. le Comte Mosselman
v
'OYEZ-vous, un navire est un être vivant.
Il frémit à tel point sous la lame et le vent
Qu'il vous fait éprouver ses frissons à vous-même ; Mais il faut, pour cela, qu'on le connaisse et l'aime, Et qu'il sente la main d'un maître au gouvernail.
Qu'un bon marin le tienne et le force au travail, Quand il fait bonne brise et que la voile est pleine,
Vous verrez émerger sa luisante carène, Vous verrez ses espars fléchir élégamment Et le yacht déluré glisser en se jouant Sur l'eau, qui le caresse et baise son étrave.
Source : Gallica

Franck Pilatte Les Maritimes, poésies... (1888)

Il flotte, et c'est déjà beaucoup pour un bateau.
Aussi son hardi maître estime
Que, par mer calme et ciel serein, En ne portant jamais voiles basses ni hautes, Et, de peur d'accident, en restant près des côtes, Son yacht est tout à fait marin.
Ce n'est en effet pas pour rire Et brûler bêtement ses écus aux moineaux Qu'on a des yachts de cinq ou de six cents tonneaux Que le vitlgum pecus admire.
Aussi, lorsqu'il dut essayer Son fier palais flottant qu'il possède avec gloire, D'un bassin de Toulon, la prouesse est notoire, Il partit pour Saint-Mandrier.
Source : Gallica

Franck Pilatte Les Maritimes, poésies... (1888)

Vers l'Orient songeur que ce sang pur arrose, Ils se sont élancés pour de nouveaux combats, Et Sfax, Bac-Ninh, Son-Tay, Shei-Pô, le Min, Formose, Diront si nos marins ont jamais été las !
Aussi, quand le trépas, dont le souffle frissonne, Précipite l'un d'eux au gouffre sans retour, Oh ! ne lui tressons pas de mesquine couronné, Ne lui marchandons pas nos pleurs et notre amour !
Qu'il soit mort en vareuse, ou qu'au mât de misaine Un navire ait battu son insigne étoilé,
Que chacun se découvre et chacun se souvienne : De la patrie en deuil un preux s'en est allé.
Source : Gallica

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