André Petitcolin

Résumé

André Petitcolin Impressions d'Ibérie (1899)

Le soleil, auréolé dror se fondant doucement vers le bleu, s'abaisse sur la ligne d'horizon, d'une idéale pureté. Au-dessus de l'endroit où il plonge, de tout petits nuages rougissent sous un fard de pudeur, et, autour d'eux, une foule de disques noirs papillotent : ainsi, après la lumière, l'ombre vient.
La soirée nous charme par sa tranquillité; nous glissons poussés par une caresse de brise, les yeux d'or de la nuit luisent, et la lune marche dans le firmament, laissant sur l'eau un sillage d'argent. Recueillement partout : au ciel, sur l'Océan, à bord...
Source : Gallica

André Petitcolin Impressions d'Ibérie (1899)

Derrière nous, la montagne est enténébrée comme un gouffre, de ce sinistre noir de l'approche des mauvais temps. Devant nous le plein large s'ouvre, sombre, frissonnant, et l'abri de la terre quitté, nous nous emportons à toute vitesse sur le flot incolore, vers la terre de France, notre princesse lointaine, notre rêve d'espérance.
Un grand vapeur nous croise, tanguant à la houle, et s'enfonce dans la ternissure du grain qui monte. Tout s'affole dans un assaut de vitesse : le navire, nous, la mer, les nues, et bientôt un voile d'eau abattu nous enveloppe, nous dissimule la côte et l'horizon
Source : Gallica

André Petitcolin Impressions d'Ibérie (1899)

La pointe de la Candelaria, d'un bleu cendré par l'approche du soir, tranche sa silhouette sur un ciel d'or jaune, bande de ciel pur apparaissant en dessous de l'épaisseur d'un rideau de brume. La brise souffle en caresse, et de conserve avec nous, de pauvres caboteurs, minuscules à côté de la falaise énorme, s'en vont sur la houle de la mer.
La nuit se fait, admirable; la lune sortant des ombres d'un ciel noir frappe la côte de décor qui, dans cette clarté d'argent, tient de la fantasmagorie et de l'irréel.
Source : Gallica

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