“ Par l’irascible vent des mots qu’il n’a pas dits, Le néant à cet Homme aboli de jadis : « Souvenir d’horizons, qu’est-ce, ô toi, que la Terre ? » Hurle ce songe ; et, voix dont la clarté s’altère, L’espace a pour jouet le cri : « Je ne sais pas ! » Le Maître, par un œil profond, a, sur ses pas, Apaisé de l’éden l’inquiète merveille Dont le frisson final, dans sa voix seule, éveille Pour la Rose et le Lys le mystère d’un nom. Est-il de ce destin rien qui demeure, non ? Ô vous tous, oubliez une croyance sombre. Le splendide génie éternel n’a pas d’ombre. ”
Stéphane Mallarmé
Élements biographiques
Stéphane Mallarmé, poète majeur de la fin du XIXᵉ siècle, incarne l’apogée du symbolisme français par sa quête d’une beauté pure et transcendante. Son œuvre, marquée par une réflexion obsessionnelle sur le langage, la forme et l’existence, explore les limites de l’expression poétique à travers des textes comme L’Après-midi d’un faune ou Un coup de dés jamais n’abolira le hasard.
Influencé par Poe et Baudelaire, il allie mysticisme, ambiguïté et recherche esthétique, laissant une empreinte durable sur la modernité littéraire et artistique.
Citations de Stéphane Mallarmé
Stéphane Mallarmé,
Les poèmes d'Edgar Poe
(1888)
“ Un Rêve dans un Rêve Tiens ! ce baiser sur ton front ! et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue : tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve ; et si l'espoir s'est enfui en une nuit ou en un jour – dans une vision ou aucune, n'en est-il pour cela pas moins PASSÉ ? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est qu'un rêve dans un rêve. Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains du sable d'or – bien peu ! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme, pendant que je pleure – pendant que pleure ! ”
Stéphane Mallarmé,
Les Dieux antiques
“ Comme le bois se consumait, la force de Méléagre déclina ; et la dernière étincelle éclatant, il mourut. La mort d’Althée et de Cléopâtre suivit de près celle de ce grand héros. La vie de Méléagre, c’est la vie du soleil, ou l’existence unie à cette torche du jour ; quand la torche se consume, il meurt. Cette histoire, elle aussi, ressemble à d’autres. Méléagre est identique à Persée, à Phoïbos, à Céphale, etc., en beauté et en force, dans ses actes bienveillants et dans la brièveté de sa vie ; ainsi que par ses accès d’action et d’inaction, il ressemble tout à fait à Achille et à Pâris. ”
