Tristan Derème

Élements biographiques

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème L'étoile de poche (1929)

Franchir le temps, vaincre la durée, ne point mourir, quelque nom qu'on se plaise à lui donner, c'est le but véritable du poète.
Il ne faut point dire : c'est un homme qui conte ses amours, qui peint ses plaisirs, qui publie sa tristesse ou sa joie, et dont le langage présente je ne sais quelle forme singulière et savante, – non point que tout cela ne soit vrai ; mais il convient d'aller à l'essentiel et de dire : c'est un homme en rébellion contre le règne du temps, contre la brièveté de la vie, – et la gloire n'est pas autre chose que cette rébellion – si elle triomphe.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Le Violon des Muses (1935)

Que quelque autre s'épuise à rêver d'un laurier! Fuyez, Muse, et dormez au fond de l'encrier : je ne veux plus parler qu'en prose, car je n'ai plus le goût d'improviser des vers; c'est un art où l'on met sa raison à l'envers, où certains pour rimer haranguent l'univers, ou parlent de cueillir des rameaux toujours verts, alors qu'il est si doux de humer une rose, si doux et simple, en vérité. Mais c'est trop de simplicité; au plus dur du Parnasse on veut avoir monté. Les rocs y sont amers. Ces Muses-là sont rudes.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème La Verdure dorée

Où l’esprit se lamente et mire dans les eaux
Un visage de nuit, n’ont-elles pas, oiseaux,
Fui naguère battant les airs d’une aile forte
Vers l’azur. Mais ce soir que l’espérance est morte,
Qu’un lourd nuage emplit ma vie et ma maison,
Et que nul autre ciel derrière l’horizon
N’appelle plus mon cœur aux grandes aventures,
Je songe tristement à de vieilles verdures,
Feuillages dont l’orage arrache les lambeaux,
À des printemps meurtris sous les fleurs des tombeaux,
À des toits écroulés, à des sources taries,
À tes faucheurs, Destin, riant dans mes prairies.
Source : Wikisource

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