Tristan Derème,
Le Quatorze juillet, ou Petit art de rimer quand on manque de rimes
(1925)
“ Mais la rime est, en outre, une volupté de l'intelligence. Ne nous montre-t-elle pas chez le poète, j'entends le vrai poète, un homme qui, chantant sa joie ou sa tristesse, son triomphe ou ses désolations, garde assez de vigueur et d'empire sur soi pour dominer, en quelque manière, les sentiments qui le soulèvent ou qui l'écrasent, de telle sorte que son langage, au milieu même des remous de la passion, reconnaisse une discipline, se ploie sous une règle ou, plutôt, et librement, JOUE D'UNE RÈGLE, qui est comme le symbole de la sérénité au-dessus des orages du coeur. ”
