Henry Dérieux

Résumé

Henry Dérieux Baudelaire

Parce que, dans les Fleurs du Mal, l’image, élaborée et nourrie par quelque chose de plus intime à l’homme que n’est la raison elle-même, a reçu en outre un accompagnement musical qui lui manquait souvent chez les poètes antérieurs et presque toujours chez Gautier. C’est cet accompagnement musical, mêlé au sens rationnel jusqu’à se confondre avec lui et même à se suffire à lui-même, qui prolonge la voix du poète et lui donne cette ampleur mélodique coupée de rappels lancinants, grondements d’orgue interrompus par le son du tocsin, « le tocsin des souvenirs. »
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Henry Dérieux Baudelaire

Résigné peut-être, mais lourd d’amertume, le poète évoque le convoi sans honneur du malchanceux, image de l’artiste hier maltraité par la vie et demain voué par la mort aux rigueurs de l’oubli. L’histoire en offre maints exemples. Maternelle pour ceux-ci, elle n’est pour ceux-là qu’une marâtre. Dès lors, à quoi bon se défendre ? Le monde n’est-il pas coalisé contre vous ? Tout mets cache un poison, toute pierre une embûche, toute fleur un reptile. Et le poète juge sa vie d’un œil clairvoyant.
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Henry Dérieux Baudelaire

Rouvrez-les, ces livres, et si vous avez l’oreille assez subtile, vous entendrez gémir à chaque page un tourment de l’infini peu différent en soi de celui qui fit les mystiques et créa les saints. Des chrétiens vont même jusqu’à revendiquer pour un des leurs l’auteur des Litanies de Satan, et ils n’ont pas tout à fait tort. Mais, même si on ne les suit pas jusqu’au bout, il est impossible de négliger l’inquiétude morale où le poète se débattit, sa vie durant, déchirant, déchiré, réussissant moins à guérir son mal qu’à l’exaspérer, mais en souffrant jusqu’à la mort.
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