Ernest Raynaud,
Baudelaire et la religion du dandysme
“ Le vœu du dandysme, selon Baudelaire, c’est d’ôter à l’Amour son caractère de « répugnante utilité » pour le réduire à n’être plus qu’« un caprice brûlant ou rêveur ». Il est indéniable que partout, chez Baudelaire, se respire la peur de l’Amour agissant [18] . C’est d’abord parce qu’il risque d’y perdre le gouvernement de soi-même, signe le plus éclatant de la supériorité du dandy ; c’est, ensuite, parce qu’il n’envisage de l’Amour que le pouvoir néfaste. L’Amour agissant, c’est, pour lui, l’Amour fatal auquel, depuis les temps les plus reculés, l’humanité jette l’anathème mérité : Amour ! ”
