Pierre de Bouchaud,
Les jours reflétés
(1925)
“ L'automobile lutte avec l'air de vitesse, Ses pneumatiques blancs, tournant pleins d'allégresse, Boivent l'obstacle en se ruant sur l'horizon. Sur la route, voici les bourgs. Une maison Dans son champ isolé paraît dormir. Des oies Franchissent en gloussant fossés ou claires-voies. L'automobile vole et de jeunes chevaux S'égaillent dans un pré en faisant mille sauts, Tandis que, débouchant de sa cour, un molosse Hors d'haleine, lançant maint aboiement féroce, Poursuit en vain l'étrange animal qui bondit Et pousse des clameurs qu'Écho lointain redit. ”
