Résumé

Luigi Barzini De Pékin à Paris : la moitié du monde vue d'une automobile en soixante jours (1908)

L'automobile n'est qu'en seconde vitesse, mais il nous semble que nous volons. Des flaques d'eau se présentent formées par la pluie. En avant! Nous nous précipitons dedans, nous les traversons en soulevant une tempête d'eau et de boue; l'ondée rejaillit par l'ouverture du châssis et nous asperge. Nous parlons à haute voix, pris d'une étrange exubérance; c'est une réaction contre les longs silences et les humiliantes lenteurs du chemin. Et c'est aussi dans nos âmes une joie nouvelle, qui vient de l'intense, de l'inexprimable satisfaction de faire une chose qui n'a jamais été faite.
Source : Gallica

Luigi Barzini De Pékin à Paris : la moitié du monde vue d'une automobile en soixante jours (1908)

Puis elle entreprend, d'une allure de fourmi, la grande expédition parmi toutes ces pierres disjointes, s'arrêtant de temps en temps pour étudier des passages grands comme la main, cherchant le moyen de n'avoir jamais plus d'une roue enfoncée dans les ornières ou prise dans les fentes. L'automobile oscille lourdement, lentement, elle s'abaisse d'un côté, elle se redresse de l'autre, elle recule parfois pour changer de chemin, elle a tout à fait l'air d'une énorme tortue, avec sa large carapace qui touche presque le sol et ses quatre jambes éloignées, puissantes et circonspectes.
Source : Gallica

Luigi Barzini De Pékin à Paris : la moitié du monde vue d'une automobile en soixante jours (1908)

Nous regardâmes autour de nous. Nous étions seuls. La plaine silencieuse et chaude était déserte. Nous nous mîmes au travail, mais avec l'angoisse d'entreprendre un travail inutile. C'était un devoir que nous accomplissions. Nous ne voulions pas nous rendre sans combat. Nous nous préparions à disputer de toutes nos forces notre machine au gouffre de boue, mais sans espoir de vaincre, dans l'état d'esprit de quelqu'un qui dispute à la mort la vie d'une personne chère et condamnée. Nous travaillions pour nous abuser nous-mêmes, pour nous donner l'illusion d'être utiles à quelque chose.
Source : Gallica

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