Résumé

Portrait de Claude Anet Claude Anet Les roses d'Ispahan: La Perse en automobile à travers la Russie et le Caucase (1907)

Deux d'entre nous détèlent un cheval et se dirigent vers l'oasis qui n'est pas à un kilomètre de nous. A peine ont-ils marché cinq minutes qu'ils reviennent. L'oasis, les verdures fraîches, la brise ne sont qu'illusion ; nous sommes entourés de sables brûlants.
La fatigue nous accable. L'un de nous dort couché sous la diligence. D'autres descendent un instant ; le sable maintenant est si chaud qu'on ne peut le tenir dans la main. Il faut rester à l'abri de la voiture.
Nous envoyons Aimé, à cheval, chercher des bêtes de renfort à Kachan, car nos chevaux sont incapables du moindre effort.
Source : Gallica

Portrait de Claude Anet Claude Anet Les roses d'Ispahan: La Perse en automobile à travers la Russie et le Caucase (1907)

Dans le coupé de la diligence, pour passer les longues heures d'attente, nous causons. En quelques mots, l'un de nous évoque un bord de mer gris et bleu où soufflent des brises fraîches, où meurent sur le sable des vagues crêtées d'argent; ou bien c'est l'intimité close d'un chez soi, tentures passées, fleurs sur la table, feu de bois dans la cheminée, bibelots rares et familiers, un coup de timbre qui vous fait tressaillir. Ah! que tout cela devient émouvant à être raconté si loin de l'Europe, au centre de l'Iran, dans ce désert immémorial et brûlant, où ni plantes, ni hommes ne poussent.
Source : Gallica

Portrait de Claude Anet Claude Anet Les roses d'Ispahan: La Perse en automobile à travers la Russie et le Caucase (1907)

L'heure est grave; la guerre a enlevé les hommes et accru la misère; le malaise est devenu si vif, si général, qu'on peut espérer que de l'excès du mal sortira enfin quelque bien.
Je dis à Gorki que nous espérons le voir rétabli en France. Mais pour l'instant, c'est en Russie qu'il veut vivre et agir. Je le sens inquiet, frémissant à l'idée d'être immobilisé par la maladie dans ce Yalta de luxe fait pour les désœuvrés.
— Je n'aime pas Yalta, dit-il; là-bas, au Caucase où vous allez, la nature est forte, âpre et belle.
Source : Gallica

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