“ Tiflis, mon chéri, est bâtie sur les pentes d’un précipice, dans un ravin où l’on cuit. Ses boulevards sont plantés de peupliers, mais la ville vieille est étroite, et si tu connaissais Cordoue, je te dirais que Tiflis est de même infecte et parfumée, c’est-à-dire sentant la mort et les roses. Un fleuve très rapide, la Koura, la traverse, et tout autour s’étagent de beaux jardins fruitiers, tandis que le paysage est fermé par la chaîne du Caucase, mauve, noire, orange, selon les heures. ”
Tiflis
Définition et enjeux
Tiflis, ancienne capitale de la Géorgie, incarne la convergence de cultures et de paysages contrastés au cœur du Caucase. Depuis les descriptions poétiques de Maurice Barrès, qui évoque ses rues étroites et son fleuve Koura, jusqu'aux observations de Jean de Pontevès de Sabran sur son urbanisme bifront, en passant par les contrastes hivernaux de Jules Patenôtre ou les réflexions sur sa diversité ethnique de Paul Müller-Simonis, les auteurs ont mis en lumière ses paradoxes : ville chaude et ensoleillée, mais aussi source de monotonie, lieu de mélange religieux et social, mais aussi d'immobilité.
Ces perspectives, issues de textes du XIXe siècle, soulignent la complexité d'un espace où les influences orientales et européennes coexistent, façonnant une identité singulière.
Citations sur “Tiflis”
Jean de Pontevès de Sabran, Notes de voyage d'un hussard, un raid en Asie… (1890)
“ Eh bien ! restons à Tiflis et laissons le Caucase pour l'instant. A notre retour de Satnarkande nous le retrouverons plus superbe encore en sa radieuse livrée de printemps, en sa belle robe verte aux mille nuances sombres, qui mettra davantage en relief la splendeur de ses lignes et l'éclatante blancheur de son front. Tiflis s'étend du nord-ouest au sud-est tout en longueur sur les deux rives de la Koura. La ville européenne occupe la partie nord-ouest, la ville asiatique la partie sud-est. La place d'Érivan sert de trait d'union à ces deux villes. ”
Paul Müller-Simonis,
Du Caucase au Golfe Persique
“ Elle porte les ruines de la forteresse de Narikala. Du haut de ces ruines, le panorama de Tiflis est fort beau. Par delà le fouillis des toits le regard se perd sur des steppes ondulés, gris et monotones, qu’anime parfois l’un ou l’autre pic neigeux du Caucase émergeant dans le lointain. Le quartier persan s’appuie à cette colline, la contourne même, et occupe avec le jardin botanique une partie de son revers sud. Ce quartier persan est un des plus anciens de Tiflis ; sa population, ses ruelles étroites et contournées, ses bazars, tout a gardé intacte la physionomie orientale. ”
