“ Kari prit la parole : « Je t’en prie, dit-il, ami Thorgeir, accepte la paix qu’on te propose ; il n’y a rien de meilleur que ce qui est bon. » — « Ce serait mal fait à moi, dit Thorgeir, de faire la paix en me séparant de toi, à moins que tu ne consentes à une paix semblable à celle que je ferai moi-même. » — « Je ne veux pas de paix, dit Kari. Je suis d’avis qu’à présent nous avons vengé l’incendie. Mais mon fils est toujours sans vengeance, et je crois que c’est à moi seul de le venger, et de voir ce que j’ai à faire. » ”
Citations sur “Kari”
“ Il cria : « Emparez-vous de Kari et tuez-le. » Kari avait été l’homme du jarl Sigurd, et nul n’avait plus d’amis que lui ; personne ne se leva, malgré l’ordre du jarl. « On pourrait dire, seigneur, dit Kari, que c’est pour vous que j’ai fait ce que je viens de faire, et pour venger votre homme, Helgi fils de Njal. » Flosi prit la parole : « Kari, dit-il, n’a pas fait cela sans motif ; car il n’y a point de paix conclue entre lui et nous. Ce qu’il a fait, il avait le droit de le faire. » Kari s’en alla, sans que personne se mît à sa poursuite. Il se rembarqua, et ses compagnons avec lui. ”
“ Je n’en sais rien, dit Kari. On a vu souvent des gens vivre vieux, qui n’avaient été tués qu’en paroles. Mais je sais bien ce que tu désires. Tu veux prendre huit hommes pour toi seul, et ce sera moins encore que le jour où tu en as tué sept, parmi les récifs, après être descendu auprès d’eux le long d’une corde. ”
“ Et ils se parlèrent de la manière que Geirmund avait dite. De là Kari s’en vint à cheval trouver Mörd fils de Valgard et lui dit la nouvelle. Mörd s’en lamenta beaucoup. Kari dit que de vaillants hommes avaient autre chose à faire que de pleurer sur les morts ; et il le pria de rassembler du monde, et de venir le trouver à Holtsvad. Après cela, Kari s’en alla dans la vallée de la Thjorsa, chez Hjalti fils de Skeggi. Comme il chevauchait le long de la Thjorsa, il vit un homme qui le suivait à bride abattue. Kari attendit l’homme, et vit que c’était Ingjald de Kelda. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 avril 1860
“ Elle ne dit pas un mot ; seulement, pendant qu’elle lui essuie les pieds, il sent tomber ses larmes, et quand elle va sortir, elle lui dit à l’oreille, de sa voix la plus basse, de prendre garde à lui. Kari lui-même vient ensuite ; il veut passer la nuit auprès d’Olaf, qui se contente de lui emprunter sa hache, et attend l’événement. Le vieil outlaw ne tarde pas en effet à entrer, il est suivi des deux frères ; mais Olaf ne se laisse pas surprendre : il fend la tête au vieillard, il blesse mortellement un des fils, et, de concert avec Kari, il force l’autre à se rendre et à lui jurer fidélité. ”
“ «C'est mal fait, dit Kari, que des innocents soient maltraités pour le compte de méchantes gens; mais maintenant, qu'avez-vous envie de faire?»--«Nous voulons aller trouver le jarl, dirent-ils, et le tuer.»--«Vous n'aurez pas cette chance, dit Kari, quoique l'audace ne vous manque pas. Mais sachons d'abord s'il est encore là.» Ils y allèrent, et ils virent que le jarl était parti.Alors Kari s'en vint à Hlad trouver le jarl, et lui remit le tribut. «As-tu pris avec toi les fils de Njal?» dit le jarl.--«C'est la vérité» dit Kari.--«Veux-tu me les livrer?» ”
“ Kari partit donc, faisant route vers l’est ; il passa la rivière et vint dans le Fljotshlid. Marchant toujours à l’est, il traversa le Markarfljot et vint à Seljalandsmula. Enfin ils furent à Holt, lui et les siens. Thorgeir les reçut avec de grandes marques d’amitié. Il leur conta le voyage de Flosi, et tout le secours qu’on lui avait promis dans le pays des fjords de l’est. Kari dit qu’il fallait s’attendre à le voir chercher de l’aide, après tous les meurtres dont il avait à répondre. « Plus leurs affaires vont bien, plus ils s’en repentiront » dit Thorgeir. ”
“ Kari fendit en deux le bouclier, et la pointe de son épée atteignit l'homme à la cuisse, et lui fendit la jambe, tout du long. L'homme tomba, et il fut estropié tant qu'il vécut.Alors Kari prit sa lance à deux mains et, se tournant contre Bjarni, il la pointa sur lui. Bjarni ne vit plus qu'une seule chose à faire: il se laissa tomber à terre pour éviter le coup. Mais sitôt qu'il fut remis sur ses pieds, il s'enfuit.Thorgeir Skorargeir s'était attaqué à Holmstein fils de Bersir le sage, et à Thorkel fils de Geitir. Et le combat finit de telle sorte qu'Holmstein et les siens furent enfoncés. ”
“ Il est le vrai portrait de sa mère, mais à la façon d’un homme, avec la force indomptable d’un homme. Elle ne veut pas abandonner son mari, mais c’est aussi une grande question de savoir si Skarphjedin veut réellement abandonner la maison en flammes, si lui, qui n’a jamais fui, fuira aujourd’hui, même pressé par le feu ; s’il veut qu’on puisse dire un jour de lui ce que plus tard on a dit de Kari, qu’il s’est échappé par la ruse, d’entre ses ennemis, parce qu’il le fallait bien. Il résiste noblement aux instances de son beau frère Kari. ”
“ « Bien des gens se mettent en embuscade, dit Kari, avec une partie moins inégale que la nôtre. Ils sont huit et nous quatre. » Ils descendent donc au bord de la rivière et voient une banquise de glace un peu plus bas. C’est par là qu’ils veulent passer. Thrain et les siens s’étaient postés sur la glace, en amont de la banquise. « Que peuvent vouloir ces gens-là ? » dit Thrain. Ils sont quatre, et nous sommes huit. » « Et moi je crois, dit Lambi fils de Sigurd, qu’ils nous attaqueraient quand nous serions encore plus. » ”
“ «J'ai rencontré Kari, dit Björn, il y a déjà longtemps. Il chevauchait vers le Nord, par le Gasasand, et il s'en allait à Mödruvöll chez Gudmund le puissant. Il m'a semblé qu'il avait grand'peur de vous, car il est tout seul à présent.»--«Il aura bien plus peur encore, dit Grani fils de Gunnar. Et il le verra bien, quand il viendra à portée de nos javelots. Il n'est plus à craindre pour nous, maintenant que tous les siens l'ont abandonné.» Ketil de Mörk lui dit de se taire et de laisser là ses grands mots. Björn leur demanda quand ils reviendraient. ”
“ Alors Mörd changea tout à coup de sentiment et de langage. Il pria Kari de ne se point mettre en colère, et promit de poursuivre Flosi. Kari lui dit: «Voici que tu t'es chargé de la poursuite; fais en sorte de la mener à bien, sans crainte; car ta vie en dépend.» Mörd dit qu'il mettrait tous ses soins à bien mener cette affaire, et à se conduire en vaillant homme.Après cela, Mörd cita auprès de lui neuf hommes libres. Ils étaient tous les plus proches voisins du lieu du meurtre. ”
“ L’homme tomba à terre, mort. Alors, ramenant sa hache en avant, Thorgeir frappa Thorkel à l’épaule et lui enleva un bras. Thorkel tomba mort à son tour. Pendant ce temps, fondaient sur Kari Mörd fils de Sigfus, Sigurd, fils de Lambi, et Lambi, fils de Sigurd. Lambi courut à Kari par derrière, et lui lança un javelot. Kari le vit. Il sauta en l’air, en écartant les jambes. Le javelot s’enfonça en terre. Kari retomba sur la hampe et la brisa. Il tenait d’une main un javelot, de l’autre son épée. Il n’avait point de bouclier. De la main droite il lança son javelot à Sigurd fils de Lambi. ”
“ Kari pria Hjalti de venir avec lui chercher le corps de Njal: «car chacun croira, dit-il, à ce que tu diras avoir vu.» Hjalti dit qu'il irait volontiers chercher le corps de Njal pour le porter à l'église. Ils partirent donc, et ils étaient quinze hommes. Ils s'en allèrent à l'est, passant la Thjorsa; là ils rassemblèrent encore du monde, si bien qu'ils furent cent, en comptant les voisins de Njal.Ils arrivèrent à Bergthorshval au milieu du jour. Hjalti demanda à Kari à quel endroit devait être le corps de Njal. Kari le lui montra. ”
“ CLVIII Kari fils de Sölmund pria Skeggi, son hôte, de lui faire avoir un vaisseau. Skeggi donna à Kari un vaisseau tout équipé. Sur ce vaisseau montèrent avec Kari Dagvid le blanc, et Kolbein le noir. Ils firent voile au Sud, en passant par les fjords d’Écosse. Là ils trouvèrent des gens des îles du Sud, qui dirent à Kari les nouvelles d’Irlande, et aussi que Flosi et ses hommes étaient partis pour le Bretland. En apprenant cela, Kari dit à ses compagnons qu’il voulait aller au Sud, dans le Bretland, pour retrouver Flosi. ”
Bret Harte,
Carrie, récit de la vie américaine
“ Tais-toi... Je serai mieux tout à l’heure! — Et ayant passé la main sur son front d’un geste tragique, Kate respira non sans effort. — Que vient-il faire ici ? demanda Carrie. — Qui sait? mettre sa fille en pension peut-être. — Il était jeune et n’avait pas l’air d’être marié, interrompit Addy. — Pauvre fille ! soupira Kate sceptique, cela ne prouve rien ; les hommes ne sont qu’artifice ; mais silence ! voici miss Walker qui parle. — Mlle Carrie Tretherick est demandée au parloir, disait la sous-maîtresse. ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ LE FERMIER IRLANDAIS. 169 — Et l'étoffe pour me faire une robe? tu n'en dis rien? le père l'a promise aussi, pourtant, et il n'a encore jamais trompé sa pauvre petite fille aveugle. — Nous verrons, reprit Molly; — et chaque son, qui passait comme un souffle léger sur ses lèvres, trahissait une douleur contenue ; — si le père a promis, il tiendra certainement sa parole : mais n'est-il pas revenu à la porte pour te crier : Si c'est possible, Kitty! L'enfant avait levé deux grands yeux ternes vers celle qui lui parlait; des larmes roulaient sur ses joues.... ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ Avec l'augmentation de son gain, et le petit héritage de la grand'mère, que Caroline avait géré secrètement pour le conserver à Berthe, mais que celle-ci mit sans réserve entre les mains de son père, il entra une sorte d'aisance, quoique sans doute à un degré bien modeste, dans le ménage autrefois si indigent. C'était encore la même chambre triste, c'étaient les mêmes habitants : le père profondément déchu, la jeune fille pâle et de peu d'apparence, sans rang dans, le monde, sans amis, sans joie de jeunesse, — et cependant tout est bien changé. ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ Alors Anne-Marie recommençait à courir pour la réception. — N'est-ce pas, maman, tu vas tout de suite t'occuper du café? Tu le feras bien fort et sans chicorée. — N'est-ce pas, maman, tu vas faire porter le goûter sous le berceau et préparer tout de suite des tartines beurrées? et tu avertiras Jean de revenir plus tôt des champs pour reconduire les hôtes. Ainsi demandait et ordonnait la jeune fille, sans se douter qu'elle faisait une domestique de la mère qu'elle aurait dû servir avec amour. Caroline n'était pas précisément élevée dans de mauvais principes. Elle n'avait pas le coeur méchant ”
Hendrik Conscience,
Scènes de la vie flamande
“ La présence de Lisa faisait seule perdre à Karel sa franche vivacité d’esprit ; devant elle il tombait dans une poétique gravité et de vagues rêveries. Assis près de la jeune fille aimée, il se faisait enfant avec elle, prenait plaisir à ses légères occupations, et épiait ses moindres désirs avec une religieuse attention. Elle était si délicate, si faible, mais elle était aussi si admirablement belle sa fiancée ! Aussi le robuste et courageux garçon entourait-il la frêle jeune fille de respect, de déférence et de soins inquiets, comme si la vie d’une fleur languissante lui eût été confiée. ”
Bret Harte,
Carrie, récit de la vie américaine
“ Le Chinois parut subir une commotion électrique, un éclair jaillit de ses yeux et de ses dents ; cela ne dura qu’une seconde. Il dit à l’enfant, qui battait des mains et sautait après sa blouse : — Moi être John ou Ah-Fe,... c’est la même chose,... moi vous bien connaître. Comment va ?... — Mme Tretherick avait laissé tomber le linge par un mouvement d’effroi et regardait fixement le Chinois. Elle n’avait pas comme Carrie, pour le distinguer entre ses pareils, la divination de l’amitié. Avec le pressentiment d’un danger prochain, elle lui demanda quand il avait quitté Fiddletown. ”
Hendrik Conscience,
Scènes de la vie flamande
“ Ô Lisa, penses-y un peu, tu seras déjà la femme de Karel alors. Rien sur la terre ne pourra désormais vous séparer ; votre vie sera un ciel de bonheur ! Et Karel veut que j’aille demeurer avec vous deux et sa mère dans la brasserie. Il sera mon fils ! Toi, Lisa, tu retrouveras une tendre mère. Par la douceur, par l’humilité de mon caractère, je regagnerai l’amitié des villageois. Chacun nous estimera, nous aimera. Nous nous aimerons tous les uns les autres ; nous serons unis par le lien d’une fraternelle affection et passerons paisiblement notre vie sur la terre ! ”
Louise-Félicité de Keralio,
Amélia et Caroline, ou L’amour et l’amitié
(1808)
“ Elle savait en trouver au besoin, et cette fois, elle descendit jusqu’à les chercher elle-même. On enleva Caroline à lady Ireton, on la remit aux mains de Maclean, et cette fois encore tout semblait avoir réussi selon les vœux d’une implacable rivale. ”
Mémoires d'une biche anglaise (1864)
“ Carry avait quitté le salon de Clarendon le coeur plein de rage et de colère. Jamais de sa vie elle n'avait été frappée par un homme, et le coup qu'elle avait reçu brûlait sa joue comme si un fer rouge y eût laissé son empreinte. Dans sa détresse, elle se rappela sa vieille amie Annie Hargrave ; cette dame était chez elle et s'amusait à faire un peu de musique. Lorsque Carry entra, elle chantait un fragment d'une vieille chanson. — Tiens ! Carry ! — s'écria Annie qui interrompit brusquement son chant. — Qui pouvait s'attendre à vous voir? ”
Louise-Félicité de Keralio,
Amélia et Caroline, ou L’amour et l’amitié
“ Ce fut là que milady, seule avec son mari et sa belle-fille, instruite de ce qu’elle avait toujours soupçonné, convaincue par la teneur de la lettre que milord lui répéta, qu’elle avait toujours préservé Caroline de sa rage, et qu’enfin elle venait de faire évader Charles Goring, lui adressa les reproches les plus amers. — Quel est votre aveuglement, lui dit-elle avec fureur ! vous ignorez qui est cette Caroline ; vous ignorez qu’elle est votre ennemie ! — Caroline mon ennemie ! — Elle veut votre mort ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ Sais-tu donc bien, Caroline, s'il t'aidera, d'un coeur loyal, à chercher le chemin du ciel? — La chose est assez claire, répliqua Caroline avec une grande décision ; la piété ne se mesure pas sur le nombre de fois que l'on va à l'église : il y a une contemplation religieuse qui est bien au-dessus de cela. ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ Franz y frappa, et tous deux descendirent ensemble à la cabane de la vallée. 214 ROSE LA FIDÈLE. Les larmes remplirent les yeux du vieux Cari, lorsque son fils lui raconta ce qu'il voulait faire et pouiv quoi il lui amenait cette petite fille. Le pauvre aveugle avait déjà frémi à la pensée de ses longues heures solitaires, dans sa nuit perpétuelle. Mais quoi ! un enfant de douze ans avait songé à tout ! ”
Thérèse-Alphonse Karr, Contre un proverbe, par Mlle Thérèse Alphonse Karr (1865)
“ Pour Caroline, elle était assez régulière, quand il ne faisait pas trop froid, ni trop chaud, ou trop humide; quand elle n'avait pas à présider la confection d'un gâteau ou à le faire retirer du four, et quand elle n'entreprenait pas une petite excursion champêtre avec son mari. Sprosser approuvait son exactitude : « Que les femmes soient religieuses, je n'y trouve rien à redire, au contraire. » ”
Louise-Félicité de Keralio,
Amélia et Caroline, ou L’amour et l’amitié
“ « Partons à l’instant, dit-elle à Maclean, je ne saurais m’éloigner trop tôt. » Le père sourit de cet empressement, mais ce rire était perfide, et Caroline en fut effrayée !... Enfin, elle était au pouvoir de ce père inconnu, et de gens qui ne lui auraient pas permis de fuir ; il n’y avait plus que la résignation qui pût adoucir son sort. Elle comprit qu’en apportant de la résistance, elle le rendrait plus affreux ; elle s’approcha de son père et de sa tante, et leur demanda leurs bontés. ”
Bret Harte,
Carrie, récit de la vie américaine
“ La journée se termina par de gros nuages et un vent furieux. A la nuit tombante, quelques flocons de neige s’éparpillèrent dans l’atmosphère. Jamais Mme Starbottle n’avait paru plus tranquillement heureuse. Quand Jack roula son fauteuil de la fenêtre au coin du feu, elle lui expliqua, comme la chose la plus simple, que Carrie, étant probablement retenue par ses leçons toute la journée, ne pouvait sortir que le soir. En conséquence, elle passa une partie de la soirée à peigner ses beaux cheveux et à se parer aussi bien que le permettait son triste état. ”
