“ « Crois-tu que par là nous en aurons fini avec les meurtres ? » dit Flosi. « Je ne crois pas, dit Hal ; mais tu auras affaire à moins forte partie si Kari est seul. Si tu ne fais pas la paix avec Thorgeir, ce sera ta mort. » — « Quelle sorte de paix lui offrirons-nous ? » dit Flosi. « Dure va te sembler, dit Hal, la seule paix qu’il acceptera. Il ne fera la paix qu’à une condition, c’est qu’il n’aura rien à payer pour les meurtres dont il est l’auteur, et qu’on lui paiera, au contraire, le prix du meurtre de Njal et de ses fils, à lui pour sa tierce part. » — « C’est une paix dure » dit Flosi. ”
Anonyme
Résumé
La Saga de Nial, anonyme, est une œuvre de la littérature islandaise médiévale, datant du XIe au XIIIe siècle. Elle raconte les conflits sanglants et les disputes juridiques entre des personnages tels que Njal, Gunnar, Flosi et Skarphjedin, autour de thèmes comme le meurtre, la vengeance et le rôle du ting (assemblée).
Les récits mettent en évidence les tensions entre honneur et violence, souvent résolues par des procédures juridiques complexes. La saga, à travers des dialogues percutants et des descriptions sobres, célèbre la noblesse de figures comme Gunnar, dont la force morale contraste avec la brutalité des enjeux.
Citations de La Saga de Nial (Anonyme)
“ « Les frères de Gunnar, Hjört et Kolskegg, étaient là, dit Njal. L’un a reçu la mort et l’autre une blessure. » — « Vous avez la loi pour vous, dit Mörd ; mais il est dur de se faire à cela. » Alors Hjalti, fils de Skeggi, de la vallée de la Thjorsa, s’avança et dit : « Je n’ai aucune part à vos querelles ; mais je veux savoir ce que tu ferais, Gunnar, par égard à mes paroles, et par amitié pour moi ». — « Que demandes-tu ? » dit Gunnar. — « Ceci, dit Hjalti ; que tu abandonnes toute l’affaire à une sentence équitable et au jugement d’hommes sages ». ”
“ « Est-ce Skarphjedin vivant ou mort qui chante ainsi ? » dit Grani, fils de Gunnar. « Peu nous importe » dit Flosi. « Cherchons les cadavres de Skarphjedin, et des autres qui ont brûlé ici. » dit Grani. — « Non pas, dit Flosi ; il n’y a qu’un sot comme toi pour avoir une telle idée, au moment où dans le pays on se rassemble contre nous. Tel qui est à son aise à présent aura bientôt si grande peur qu’il ne saura où fuir. Voici mon avis, c’est que nous partions tous au plus vite. » Et Flosi s’en alla en hâte à l’endroit où étaient les chevaux, et tous les autres avec lui. ”
