Résumé

Anonyme La Saga de Fridthjof le Fort

Si l’ensemble du récit forme un tout harmonieux que pénètre une idée maîtresse et dont les détails sont groupés suivant un plan naturel et logique, les caractères sont tracés d’une manière imparfaite. Il leur manque cette vie et ces couleurs qui les rapprochent de la nature humaine. Les héros de la saga ne sont pas suffisamment individualisés. Ce sont des types, ou foncièrement bons comme Fridthjof, ou exclusivement mauvais comme Helgi. Quant à Ingibjörg, elle garde d’un bout à l’autre une attitude apathique et son influence sur le développement de l’action est insignifiante.
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Anonyme La Saga de Fridthjof le Fort

Les chants de Fridthjof, par contre, sont exempts de ces égarements de l’imagination. Ils sont restés fidèles à l’idéal poétique des temps primitifs, à la conception saine et naturelle d’une poésie qui parle au cœur et qui inspire des sentiments tendres, vrais, nobles et durables. Il n’existe, dans toute la saga, aucune de ces expressions métaphoriques par lesquelles les scaldes ont voilé leur pensée. Les images y sont rares, et celles que l’on rencontre sont d’une poésie charmante, peuvent être comprises sans effort et ne choquent le goût ni par le sens ni par la forme.
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Anonyme La Saga de Fridthjof le Fort

On ne peut guère l’envisager comme un profit, s’il (Tegnér) a largement développé, avec toute l’ardeur du troubadour, s’il a inondé d’un parfum de roses et de lis réellement enivrant les scènes amoureuses que l’œuvre médiévale ne fait qu’indiquer, s’il a transfiguré dans un sens humanitaire le culte de Freyja et de Baldr et en général toute l’idolâtrie de l’ancien Nord, alors qu’il a négligé toutes les situations qui, dans le récit primitif, rappellent les côtés sombres du paganisme germanique. Fridthjof ne transperce plus les nourrissons et ne fait plus pleurer les femmes.
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