“ C’était bien Franz que Petite avait aperçu deux heures auparavant, traversant la place de la Rotonde, et se glissant dans l’allée sombre du marchand d’habits. Franz voulait voir Gertraud. Il avait bien des choses à lui dire. Il avait tout un chapitre bizarre à joindre à son fantastique récit du matin. La joie débordait dans le cœur de Franz. Le roman de sa destinée marchait ; il était presque fou à force d’espoir ; il lui fallait un confident. ”
Franz
Définition et enjeux
Le nom de Franz, porté par divers personnages dans la littérature du XIXe siècle, incarne une figure complexe, oscillant entre le réel et le symbolique. Camille Robert le place dans des récits fantastiques, où il traverse des paysages oniriques, tandis que Paul Féval le montre en héros tragique, rongé par des conflits émotionnels.
Alexandre Dumas, quant à lui, le situe dans des scènes de tension dramatique, comme dans Le Comte de Monte-Cristo. George Sand, enfin, le rattache à des thèmes de quête spirituelle. Ces interprétations variées révèlent un personnage à la fois humain et universel, traversant les œuvres comme un miroir des enjeux de son époque.
Citations sur “Franz”
Camille Robert, Rêve étrange de Franz l'Alsacien en 1870… (1884)
“ Le contact d'une main dans sa main tira Franz de la prostration. Il était tiède, il était doux, il était enivrant, ce contact ! Une jeune vierge, vêtue d'amples vêlements d'un vert tendre, la tête couronnée d'une auréole resplendissante, à la marche inégale, tantôt lente, pénible, embarrassée, tantôt légère et rapide comme une envolée, menait l'adolescent à travers des sentiers parfumés et fleuris. ”
Camille Robert, Rêve étrange de Franz l'Alsacien en 1870… (1884)
“ Les ténèbres inondaient le vaste appartement et, cependant, au dehors, ruisselaient les feux éclatants du soleil. Saisi de crainte à ce spectacle, Franz dirigeait des regards effarés vers une des fenêtres s'ouvrant sous le ciel, et le paysage environnant le gîte de l'enfance, apparaissait doux et triste... Surgit dans la campagne le chemin qui borde la masure, l'asile des jours sombres, hanté par les frimas : une ombre s'y montra, passa, s'évanouit. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1837)
“ Franz, cela est beau et bien ; c’est une vie noble et pure que la vôtre ; mais si nos saints sont persécutés, vous quitterez le lac, et le glacier, et le piano de nacre, comme je quitte Lavater, les pampres verts et la maison déserte, et vous prendrez le bâton du voyageur et le sac du pèlerin, comme je le fais maintenant en vous embrassant, en vous disant : Adieu, frère, et à revoir. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
(1845)
“ Lorsque Franz revint à lui, les objets extérieurs semblaient une seconde partie de son rêve ; il se crut dans un sépulcre où pénétrait à peine, comme un regard de pitié, un rayon de soleil ; il étendit la main et sentit de la pierre ; il se mit sur son séant : il était couché dans son burnous sur un lit de bruyères sèches fort doux et fort odoriférant. ”
Camille Robert, Rêve étrange de Franz l'Alsacien en 1870… (1884)
“ L'amour de Franz pour la Patrie vaincue' dépassait l'affection de Gérard de la supériorité qu'a la sève qui monte sur la sève qui s'évapore, qu'a l'imagination capricieuse, mais ailée, mais intuitive et souvent superbement prophétique sur une expérience emprisonnée dans les mailles étroites des faits accomplis, cramponnée désespérément au passé, comme à la planche de salut, et pendant que l'aïeul se consolait du présent à l'aide des vieux souvenirs, le petit-fils séchait les pleurs versés sur la réalité sinistre pour adresser un baiser aux doux rayonnements d'un avenir lointain. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
(1845)
“ Franz et Albert étaient comme des hommes que, pour les distraire d’un violent chagrin, on conduirait dans une orgie, et qui, à mesure qu’ils boivent et qu’ils s’enivrent, sentent un voile s’épaissir entre le passé et le présent. ”
“ Mais maintenant que Franz était au fait de sa vie mystérieuse, maintenant qu’elle savait son nom, c’était une guerre déclarée ; vivant ou mort, elle le haïssait. Et si, par hasard, l’épée de Verdier ne faisait point son devoir, Franz avait désormais un ennemi mortel, plus acharné que les assassins de Bluthaupt eux-mêmes, et surtout plus dangereux. ”
“ Franz mit la main sur son cœur, où coulait un flot de délices. — Il le faut bien, dit-il en contenant l’élan de sa joie. — Écoutez, reprit la jeune fille, émue à son tour jusqu’à la détresse, je ne veux pas que vous mouriez, Franz... Que faut-il faire pour vous empêcher de vous battre ? Les traits de Franz rayonnaient et ne disaient pas tout son bonheur. Il prit la main de Denise et la serra contre ses lèvres. — Rien ne peut m’empêcher de me battre, dit-il d’une voix qui vibrait malgré lui, et où son triomphe éclatait ; mais se battre ce n’est point mourir... et je sens bien, oh ! ”
“ Je suis allé là de franc jeu ; ma conscience ne me reproche rien... Et, si ce grand gaillard d’Allemand s’est battu pour moi, je lui vote des remerciments à tout hasard. Franz disait cela d’un air moitié gai, moitié résigné. Évidemment, il faisait bon visage à mésaventure, et le dénoûment de l’affaire lui laissait quelque chose sur le cœur. Sa main tourmentait les belles boucles de ses cheveux, et il avait perdu son sourire. ”
“ Il avait rêvé joie, plaisir, folie ; peut-être, dans son sommeil, quelque voluptueux souvenir avait amené le nom de Sara sur sa lèvre ; mais il n’y avait certes aucune idée de vengeance attachée à ce joli nom, et le sommeil de Franz n’était pas plus tragique que la veille. De l’amour frais et charmant, une ambition enfantine, de l’or, de la grandeur, des sourires. Il s’éveilla, heureux comme dans son rêve ; il regarda les magnificences nouvelles de son alcôve ; il palpa la soie riche de ses rideaux ; il bondit, les pieds nus, sur la molle opulence de son tapis. ”
“ Le regard de Petite, qui tombait, morne et fixe dans le vide, se releva vivement. — Je n’ai pas peur de vous, Franz, dit-elle en faisant sa voix caressante ; — je sais bien que vous êtes généreux et bon... mais il ne s’agit pas de moi... vous parlez comme un homme qui n’espère plus... Franz, je vous aime, et vous me faites frémir !... ”
Jules Verne,
Le Château des Carpathes
“ XIV Franz était atterré. Ainsi qu’il avait pu le craindre, la faculté de réfléchir, la compréhension des choses, l’intelligence nécessaire pour en déduire les conséquences, lui échappaient peu à peu. Le seul sentiment qui persistait en lui, c’était le souvenir de la Stilla, c’était l’impression de ce chant que les échos de cette sombre crypte ne lui renvoyaient plus. ”
“ Franz s’était éveillé en sursaut, au bruit de la bataille. Il s’appuyait sur le coude et regardait, d’un œil plein d’épouvante et de stupéfaction, tantôt la grande silhouette d’Otto, qu’il voyait par derrière, tantôt les quatre cadavres étendus sur le sol. ”
Jules Verne,
Le Château des Carpathes
“ Tout en se perdant ainsi dans ses souvenirs, Franz sentait le sommeil le gagner peu à peu. Mais il était encore en cet état mixte où l’on peut percevoir le moindre bruit, lorsque se produisit un phénomène surprenant. Il semble qu’une voix, douce et modulée, passe à travers dans cette salle où Franz est seul, bien seul pourtant. Sans se demander s’il rêve ou non, Franz se relève et il écoute. Oui ! on dirait qu’une bouche s’est approchée de son oreille, et que des lèvres invisibles laissent échapper l’expressive mélodie de Stéfano, inspirée par ces paroles : Nel giardino de’ mille fiori, Andiamo, mio cuore... ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Alors toutes ces bouches de pierre se firent vivantes, toutes ces poitrines se firent chaudes, au point que pour Franz, subissant pour la première fois l’empire du hatchis, cet amour était presque une douleur, cette volupté presque une torture, lorsqu’il sentait passer sur sa bouche altérée les lèvres de ces statues, souples et froides comme les anneaux d’une couleuvre. ”
“ La petite Gertraud était à mille lieues de ces réflexions. L’impression qui les faisait naître n’existait même pas en elle ; Franz aurait pu pousser ses énormités au centuple, sans la choquer le moins du monde. Elle écoutait de tout son cœur, affriandée par la bizarrerie mystérieuse du premier récit de Franz. ”
“ Quels que soient leur caractère et leur nature, il y a toujours comme un fond de tristesse mêlée d’ardents espoirs dans leurs réflexions. Franz était gai, frivole, étourdi, ami du plaisir ; mais la rêverie le transformait parfois, pour un moment, et mettait de sérieuses méditations au fond de son cœur. ”
“ La physionomie de Franz prit une expression de regret et de pitié. Il ne reconnaissait point le joueur d’orgue ; mais il voyait sa détresse, et, de grand cœur, il lui eût rendu l’argent gagné. Jean comprit ; une rage sourde et envenimée lui étreignit le cœur, ses mains, crispées, se retinrent au tapis ; et le déchirèrent. Un instant, les muscles de son corps se ramassèrent, comme s’il eût voulu bondir en avant. La démence était dans son cerveau ; ses doigts frémissaient d’aise et de désir, à l’idée d’étrangler son ennemi. ”
“ Elle vit la figure du jeune homme s’épanouir et ses yeux briller, comme si on eût mis du bonheur plein son âme. Au moment où Franz s’applaudissait et se déclarait lui-même un héros de discrétion, la petite Gertraud éclata de rire. — Monsieur Franz ! monsieur Franz ! dit-elle, en remettant sur lui ses yeux espiègles, mais bons, — hier, en vous voyant, j’ai pensé tout de suite que je vous avais rencontré quelque part... j’ai cherché longtemps, et voilà que je me souviens !... c’est sous les fenêtres de mademoiselle Denise d’Audemer que je vous ai rencontré, monsieur Franz ! ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Albert regarda Franz en homme auquel on fait une réponse qui lui paraît incompréhensible. — Comprenez-vous cela, Franz ! pas de chevaux, dit-il ; mais des chevaux de poste, ne pourrait-on pas en avoir ? — Ils sont tous loués depuis quinze jours, et il ne reste maintenant que ceux absolument nécessaires au service. — Que dites-vous de cela ? demanda Franz. — Je dis que, lorsqu’une chose passe mon intelligence, j’ai l’habitude de ne pas m’appesantir sur cette chose et de passer à une autre. Le souper est-il prêt, maître Pastrini ? — Oui, Excellence. ”
“ « Une personne qui a ses raisons pour porter à M. Franz un intérêt sérieux croit devoir le prévenir qu’une invitation lui sera prochainement adressée pour assister à la grande fête que les banquiers Geldberg, Reinhold et compagnie doivent donner à leur château d’Allemagne. » Il n’y a aucun inconvénient pour M. Franz à accepter cette invitation, mais on doit le prier en outre d’anticiper sur le départ commun et de quitter Paris avec la famille Geldberg. Là est le danger, c’est un danger de mort ! » ”
“ Franz contemplait la figure épanouie de la petite Gertraud, et le sentiment pénible qu’il avait éprouvé dans la pauvre échoppe du Temple s’effaçait peu à peu. En lui, les impressions étaient aussi rapides à mourir qu’à naître. Son caractère vif et gai reprit le dessus bien vite, et il regarda la jolie fille en homme qui va conter fleurette. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
(1843)
“ Quant aux mauvais cœurs ils n’ont jamais une obole à leur disposition. Tout à coup un jeune homme de l’atelier dit à Franz : « À ta place, je sais bien ce que je ferais ! mais peut-être n’en auras-tu pas le courage. — Ce n’est pas le courage qui me manque, dit Franz ; que faut-il faire ? — Il faut t’adresser aux Invisibles. » Franz parut comprendre ce dont il s’agissait, car il secoua la tête d’un air de répugnance, et ne répondit rien. ”
Henri de Curzon, L’Œuvre de Richard Wagner à Paris et ses interprètes
“ Paul Franz a eu l’honneur, et d’ailleurs très mérité, de la plupart des représentations : il y a fait preuve, avec sa riche et chaleureuse voix coutumière, d’un sentiment grave, sincère, soucieux de vérité. ”
Camille Robert, Rêve étrange de Franz l'Alsacien en 1870… (1884)
“ La vierge radieuse sourit encore à Franz et vole vers la terre. Elle effleure, en chantant, et les cités et les campagnes : tout renaît, tout se meut, tout se transfigure. Ce n'est pas encore un air de fête que revêt le tableau : c'est un air de vie ! Les champs ont leur verdure, les cités ont leur bruit. La verdure est bien clairsemée, le bruit est bien léger. C'est seulement un peu de verdure. C'est seulement un peu de bruit. Mais ce n'est plus le néant ! c'est un peuple! Un Etre se détache de l'immensité. ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ Ainsi nous nous reverrons peut-être, Franz, non plus comme d’heureux voyageurs, non plus comme de gais artistes dans les riantes vallées de la Suisse, ou dans les salles de concert, ou dans l’heureuse mansarde de Paris ; mais bien sur l’autre rive de l’Océan, ou dans les prisons, ou au pied d’un échafaud ; car il est facile de partager le sort de ceux qu’on aime quand on est bien décidé à le faire. Si faible et si obscur qu’on soit, on peut obtenir de la miséricorde d’un ennemi qu’il vous tue ou qu’il vous enchaîne. ”
“ Franz écarta de force la pensée de mademoiselle d’Audemer, et fit comme ces superstitieux, demi-pécheurs, demi-dévots, qui voilent l’image sainte de leur chevet, à l’heure de Vénus. La tête se redressa mutine et cavalière, secouant les boucles blondes de ses cheveux. Il n’avait plus de frein : il se retrouvait dans sa jeunesse indomptée, prêt à courir vers toutes joies, comme à braver tous périls. ”
“ Franz rougit comme une jeune fille qu’on surprend à faire des signes du haut de sa fenêtre. Dans la bonne foi de son âme, il plaignait sincèrement madame de Laurens ; il s’accusait de l’avoir abandonnée. Comme il aimait avec passion et qu’il sentait, dans toute sa plénitude, le bonheur d’être aimé, il devinait aussi la peine amère de ceux qu’on n’aime plus. Il croyait avoir abandonné Sara. La vue de cette pauvre femme qui devait, selon lui, tant souffrir, mettait toujours au fond de son cœur de la tristesse et des remords. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
(1845)
“ En effet, cette offre de deux places à une fenêtre du palais Rospoli avait rappelé à Franz la conversation qu’il avait entendue dans les ruines du Colisée entre son inconnu et son Transtévère, conversation dans laquelle l’engagement avait été pris par l’homme au manteau d’obtenir la grâce du condamné. Or, si l’homme au manteau était, comme tout portait Franz à le croire, le même que celui dont l’apparition dans la salle Argentina l’avait si fort préoccupé, il le reconnaîtrait sans aucun doute, et alors rien ne l’empêcherait de satisfaire sa curiosité à son égard. ”
“ Franz ne pouvait divorcer entièrement avec sa nature espiègle et gaie. Sans trop prévoir le dénoûment de l’aventure, il garda le silence et tourna discrètement la tête comme une femme en quête d’aventures, qui veut serrer un peu l’hameçon. L’autre n’était pas un homme à s’effaroucher de ces obstacles connus. — Beau page, reprit-il, je suis à tes trousses depuis une heure, ce marin qui te donnait le bras à l’instant est un sot, puisqu’il t’a quitté... Regarde-moi, je suis plus beau garçon que lui ! Franz étouffait pour ne pas rire et tournait obstinément la tête. ”
“ Mais le jeune fou qui jette l’or à pleines mains, qui fait parler de lui, qui attire les regards, n’est pas de défaite aussi facile... Je veux que Franz soit le lion de la fête. Les femmes n’auront des yeux que pour lui ; les hommes seront jaloux de lui, de telle sorte qu’une égratignure à son petit doigt deviendra un événement, que toute l’adresse du monde ne saurait point cacher... Hans eut un sourire de naïve admiration. ”
Éliacim Jourdain, Histoire terrible et merveilleuse de Robert-le-Diable… (1858)
“ CONRAD. Demain , tantôt, mon brave Franz; en ce moment, j'ai besoin d'être seul. (A part.) Ces larmes m'étouffent ! (Il rentre en son palais.) FRANZ, le suivant. 0 mon Dieu, prenez pitié de la nation allemande ! SCÈNE III. HYACINTHE, seule ; puis RUTH. (Elle regarde à droite et à gauche avec inquiétude, comme si elle cherchait quelqu'un N'apercevant pas la personne qu'elle parait chercher, elle porte les mains sur son cœur et lève les yeux au ciel avec une amoureuse langueur. Ses regards s'abaissent ensuite vers la terre et elle reste absorbée dans le sentiment qui l'agite.) ”
“ Franz, qui n’y était jamais venu, aurait pu chercher longtemps le numéro 3, si la cloison de planches qui remplaçait les fenêtres d’une salle de rez-de-chaussée n’eût laissé échapper un cliquetis caractéristique. Franz prêta l’oreille et distingua facilement le grincement des fleurets qui se croisent et le flafla éclatant des sandales. Il frappa, et, comme on tardait à lui répondre, à cause du bruit qui se faisait à l’intérieur, il entra. Il se trouva dans une chambre de grandeur moyenne, encombrée jusqu’en ses moindres recoins par des gens caparaçonnés de cuir. ”
