Henri Cantel

Élements biographiques

Henri Cantel Amours et priapées (1869)

Je t’aime, Hermaphrodite, et je soupire encore !
Viens ! apaise à ton tour le feu qui me dévore ;
C’est un secret nouveau ; viens, et sois mon époux !
Ma fesse peut sans honte et sans remords jaloux
S’ouvrir à ton phallus, comme un œillet qui s’ouvre...
— Beau marbre, adieu ! retourne à ton coussin du Louvre !
AMOUR, OÙ VAS-TU
— « Amour, où vas-tu, la nuit ?
— Je ne dors pas : je voyage ;
Mon aile sur mon passage
S’ouvre légère et sans bruit.
» Quand des cœurs, fraîche vendange,
Je caresse le contour,
La vierge dit : C’est un ange !
La femme dit : C’est l’Amour !
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Henri Cantel Revue des Deux Mondes

Il habitait une maisonnette en bois contiguë au cimetière ; il gagnait quelque argent, car tous les ans la fièvre ravage Tiflis, surtout en automne. Grigory était là, immobile, les yeux fixes, songeant à son ancien maître ; de temps à autre, il regardait la fosse où gisait celui qu’il avait aimé. — Il fait jour jusqu’à huit heures, se dit-il. — Et il alluma sa pipe.
En Géorgie, la mort n’est pas entourée des mornes tristesses de l’Occident, des longs regrets, des deuils intimes. La vie orientale est tout extérieure et de surface ; les larmes sortent des yeux, non du cœur.
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Henri Cantel Nuits d’Orient, poème et souvenirs

Comme une abeille d’or, ton rire s’envolait.
Toi que j’ai vue enfant, que j’aimais tant, que j’aime,
Front pensif incliné sous la main du devoir,
Chère moitié de moi meilleure que moi-même,
Où donc es-tu? Mon âme invisible, le soir,
Vient voltiger autour de vous comme une abeille.
On vous croirait groupés par un peintre flamand.
Calme tableau ! La lampe argenté vaguement
Le dos du grand fauteuil où la mère sommeille,
Au coin du feu, les pieds posés sur un coussin.
Souriant à demi, front mûr, cœur jeune encore,
Et portant bravement son âge qu’elle honore.
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