Résumé

Henri Cantel Nuits d’Orient, poème et souvenirs

Tour à tour joie et deuil ! — Et la vie est ainsi !
II. — A MA SOEUR.
N’as-tu pas rencontré des jours ternes et plats,
Où vers le ciel en vain ton esprit se soulève,
Retombe sur lui-même et dort à moitié las?
On assiste à sa vie, on ne vit pas, on rêve.
Aujourd’hui c’est mon tour, ô ma sœur! aujourd’hui
J’ai le cœur attaqué de tristesse et d’ennui;
Une brume de deuil obscurcit ma mémoire.
Car la patrie est loin, et les amours aussi!
C’est l’hiver : l’aquilon souffle de la Mer-Noire,
La neige à lourds flocons couvre le sol durci.
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Henri Cantel Nuits d’Orient, poème et souvenirs

Seuls, les chameaux s’en vont, d’un pas lent, monotone,
Et ce bruit vague et sourd, qui dans l’ombre se perd,
Rappelle le silence infini du désert.
V. — LE DÉSERT.
Nos désirs sont pareils aux longues caravanes
Qui cherchent l’oasis, île en fleur des déserts,
Où courent les ruisseaux sous les feuillages verts,
Où frissonna, le soir, l’éventail des platanes.
Le désert ! le désert! sablonneux océan!
L’air embrasé du jour brise le corps et l’âme
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Henri Cantel Nuits d’Orient, poème et souvenirs

Les chameaux, patiens sous leurs charges trop lourdes,
Accompagnent ses pas de leurs clochettes sourdes ;
Ils allongent leurs cous balancés lentement,
Comme pour imiter par ce balancement
L’inexorable ennui des vastes solitudes.
Là-bas, ô voyageur, que hâle le soleil.
Tu te reposeras des jours chauds, des nuits rudes,
Tu baigneras ton cœur dans l’onde du sommeil;
Sous l’ombre des palmiers, d’où pleut l’extase douce.
Oublieux de la mort et couché sur la mousse.
Tu rêveras sans doute aux sables qu’Azraël,
L’ange noir, a couverts d’un silence éternel.
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