Résumé

Portrait de Jules Patenôtre Jules Patenôtre Un Voyage d’hiver au Caucase

DE LA MER-NOIRE A LA MER CASPIENNE Des diverses contrées de l’Asie que le voisinage de la mer et la rapidité des communications mettent aux portes de l’Europe, le Caucase est à coup sûr l’une des moins visitées et des moins connues. En réalité, depuis qu’on va en quatre-vingt-deux heures de Paris à Odessa, Tiflis n’est plus qu’à une semaine du Grand-Hôtel. Les bateaux qui font le service de la côte de Crimée conduisent en trois jours le voyageur d’Odessa à Poti, au fond de la Mer-Noire. A Poti, on retrouve le chemin de fer ; en une journée, on est au cœur du Caucase.
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Portrait de Jules Patenôtre Jules Patenôtre Un Voyage d’hiver au Caucase

Une cour où sont entassées pêle-mêle une demi-douzaine de voitures, un corps d’habitation tenant le milieu entre la ferme et l’auberge, l’écurie d’un côté, la chambre des voyageurs de l’autre, un ameublement de corps de garde, — deux escabeaux de bois, une table et un lit de camp, — le tout confié à la surveillance d’une casquette galonnée, telle est l’image fidèle d’une station, au Caucase. Parfois quelques maisons, noyau d’un village futur, se groupent à l’entour ; d’ordinaire la solitude est complète.
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Portrait de Jules Patenôtre Jules Patenôtre Un Voyage d’hiver au Caucase

Une série de rues étroites où croupit une eau vaseuse, des maisons basses et d’aspect malpropre où la boue remplace le mortier, des terrasses où s’empilent des mottes de bouse de vache, combustible économique des ménages pauvres, pour fenêtres de petites meurtrières s’ouvrant sur des murs de terre, l’ensemble est sale et repoussant. C’est le Bakou asiatique, le Bakou des Tatars, des Arméniens, des Persans, resté tel qu’il était le jour où la Russie l’a arraché à ses maîtres d’autrefois.
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