Henri Méhier de Mathuisieulx

Résumé

Henri Méhier de Mathuisieulx Explorateurs et terres lointaines (1912)

Plus loin, près d'un arbre au tronc vigoureux, un vieux roi de la solitude gît, abattu par la tempête et miné par les ans. Dans son flanc rongé habite le cobra, dont la morsure glace le sang, ou le boa aux anneaux d'acier. Le tigre royal rugit ou miaule à la tombée de la nuit ou à l'approche de l'homme ; le rhinocéros et l'éléphant ébranlent le sol dans leur course effrénée. Si parfois l'écho lointain répercute les grondements de l'orage et si l'éclaire illumine la nappe sombre de la verdure, l'âme, comme malgré elle, est saisie de terreur.
Source : Gallica

Henri Méhier de Mathuisieulx Explorateurs et terres lointaines (1912)

« Feu rapide! »
Déjà la horde sombre recouvre les dunes, submerge la prairie, roule comme une vague, les zagaies dressées, semblables à une crête d'écume. Le flot monte, monte sans cesse, s'échappe du bois, sort de terre, tombe du ciel et, sur la plaine éclairée par le grand soleil, s'étale ainsi que l'ombre gigantesque d'un nuage.
« En retraite! ordonne de Chevigné. A cheval! »
Il faut revenir vers le sud, du côté du fleuve; le terrain sera meilleur, s'il est nécessaire de charger.
Source : Gallica

Henri Méhier de Mathuisieulx Explorateurs et terres lointaines (1912)

J'avais rêvé un cabaret sombre, orné de nattes, peuplé de fumeurs endormis sur leurs pipes. Je voulais une vision d'Orient, et je voyais des pancartes blanches avec des inscriptions italiennes : Gelati, — Granité ! »
Près de la porte, étendu sur le sol, un mendiant sommeillait. Je ne l'avais pas remarqué tout d'abord. Le petit nègre frappa sur l'épaule de l'homme endormi, qui s'étira un instant, se leva, s'appuyant sur un bâton. C'était un vieillard à barbe blanche, ridé, usé, courbé en deux.
« C'est l'homme, me dit Arbib, l'homme qui sait où est la chira. »
Source : Gallica

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