Résumé

Edgar Boulangier Un hiver au Cambodge : chasses au tigre… (1888)

Les levers de soleil sous les tropiques sont un spectacle incomparable. A l'orient, une ligne de collines bleuâtres se détache sur le ciel rosé par l'aurore; au sud, les magnifiques montagnes de Posat, encore inexplorées, cachent dans les nuages blancs leurs cimes élevées de 1000 à 1500 mètres. Le lac, si tranquille la veille, prend part au réveil de la nature; la mousson du nord-est souffle bon frais, et l'Anadyr, malgré son tirant d'eau d'un mètre et demi, roule comme en plein Océan. Bientôt nous grelottons, Hunter et moi, tout en prenant le café bouillant.
Source : Gallica

Edgar Boulangier Un hiver au Cambodge : chasses au tigre… (1887)

La plaine d'Angcor, couverte de jeunes bois ou de jungles brûlées par le soleil, s'étend à nos pieds; le Grand-Lac et sa ceinture de palétuviers au feuillage sombre, la limite vers le sud ; l'oeil n'en voit la fin ni à l'orient ni à l'occident. Les grandes murailles d'Angcor- Thom nous sont cachées par un rideau d'arbres; mais les neuf tours d'Angcor-Wat et l'enceinte rectangulaire de la pagode se détachent nettement dans cette solitude, qu'anime seule une petite rivière aux reflets argentés, aux rives sinueuses bordées de cocotiers, dont les eaux coulent tristement vers le Grand-Lac.
Source : Gallica

Edgar Boulangier Un hiver au Cambodge : chasses au tigre… (1887)

Quand il fut à vingt mètres, je pressai la détente. Un rugissement terrible répondit, et, par-dessus la fumée du coup de feu, je vis le tigre bondir sur moi malgré sa blessure mortelle. Ma seconde balle lui fut tirée en l'air, et celle-là au coeur. La bête retomba comme une masse et ne bougea plus. J'avais saisi mon revolver, et, comme espoir suprême, il me restait mon couteau de chasse. Rien n'est plus dangereux que de tirer un tigre qui vient à vous la tête basse, tandis que de flanc on ne doit jamais manquer son coup.
Source : Gallica

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