Résumé

Portrait de Paul Doumer Paul Doumer L'Indo-Chine française, souvenirs (1905)

Tout s'éclaire devant nous, au-dessous de nous; la haie de Tourane apparaît. C'est un enchantement. Aucun des féeriques paysages des côtes méditerranéennes n'a, à la fois, cette beauté et cette grandeur. Prenez l'un des plus jolis coins de la côte d'Azur, la baie française de Villefranche ; multipliez par dix, par vingt l'étendue de la baie ; par cent les terres visibles et l'altitude des hauteurs environnantes, et vous aurez Tourane, son golfe et sa campagne vus du Col des Nuages, à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Source : Gallica

Portrait de Paul Doumer Paul Doumer L'Indo-Chine française, souvenirs (1905)

Le bruit que fait le fleuve s'entend au loin, non pas semblable au fracas d'une cataracte, mais comme un sourd gémissement de géant. C'est la plainte du dieu des eaux en lutte avec la terre.
Lorsque le bateau est engagé dans les rapides, qu'il donne toute sa force pour remonter le courant, passe dans les remous sans en être gêné, on a le spectacle d'une autre bataille, passionnante elle aussi. C'est l'homme, avec tes moyens d'action puissants que son industrie lui fournit, qui combat et vaine les forces déchaînées de la nature.
Source : Gallica

Portrait de Paul Doumer Paul Doumer L'Indo-Chine française, souvenirs (1905)

On marche dans un paysage comme, en Europe, la fable seule en sait inventer. Nous avons vu; du reste, le même phénomène en allant à Angkor, dans te Grand Lac qui déborde lui aussi et où le bateau s'abrite de la houle, à l'occasion, en passant à travers la forêt noyée.
Les rives du Mékong au-dessus des rapides, plus définies et resserrées qu'en aval, sont d'une merveilleuse beauté. Des arbres énormes, aux essences variées, aux feuillages de toutes les nuances du jaune clair au vert sombre, aux fleurs éclatantes, font un encadrement au fleuve qu'on ne se lasse pas d'admirer.
Source : Gallica

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