Pierre Mille,
Louise et Barnavaux
(1912)
“ Le soir, les monts qui viennent vers vous sont comme drapés dans un ciel de soie de Chine, vert et rose, ramagé de nuages ; les dunes prennent un éclat blafard, et la mer de Tourane une extraordinaire couleur d’encre, si forte que cette eau plate a l’air de s’élever comme un talus sur l’horizon. On traverse des arroyos, on monte, on redescend, par des lacets sans fin, des pentes hérissées de granit ; durant des heures on ne quitte pas la même crique de la même baie, on ne se déplace pas dans le sens horizontal, on tournoie comme un pigeon qui regagne le sol. ”
