Richard Cœur de Lion

Définition et enjeux

Portrait de Walter Scott Walter Scott Ivanhoé (1820)

Tout ce qui était nouveau, tout ce qui sentait l’aventure avait des charmes pour Richard Cœur-de-Lion, et un danger qu’il avait bravé et surmonté ne faisait qu’en augmenter le prix à ses yeux. Dans ce roi courageux et téméraire, le caractère brillant mais inutile d’un chevalier de roman se trouvait en quelque sorte renouvelé et réalisé, et la gloire personnelle qu’il devait obtenir par ses propres faits d’armes était bien autrement chère à son imagination exaltée que ne l’eût été l’éclat d’un gouvernement de politique et de sagesse.
Aussi son règne fut-il comme le cours d’un météore rapide et étincelant qui parcourt le ciel, répandant autour de lui une lumière éblouissante, mais inutile, que remplace aussitôt une obscurité profonde.
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Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Le Déserteur avait seize ans lorsque fut joué Richard Cœur de lion, le chef-d’œuvre de Grétry et de notre musique au XVIIIe siècle. Il parut en 1785, à la veille des jours redoutables, et quand on revient à lui, l’on croit retrouver une de ces empreintes légères respectées par les cendres des volcans. Richard est un des plus touchans débris du passé ; il a la poésie d’un souvenir, presque d’une relique. C’est le témoin de temps à jamais disparus, l’écho de voix qui ne chanteront plus. Les quelques années qui précédèrent la révolution offrent un caractère singulier d’apaisement et de détente.
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