Résumé

Fernand Des Barres Une aventure au XIIIe siècle : récit du temps de saint Louis (1861)

Le pont-levis s'abaisse avec fracas, la porte ogive s'ouvre, et devant Jehan
se présente
Pétronille !
A cette vue, Jehan reste atterré, un instant il crut au miracle : on y croyait encore en ce temps-là. C'est la pauvre âme de Pétronille qui vient se plaindre d'avoir sitôt été oubliée. Lui faut-il des messes? Le chapelain du manoir en dira une chaque jour, et chaque jour le chevalier et sa nouvelle épouse iront prier pour celle qui n'est plus. Mais, non, c'est bien Pétronille, Pétronille vivante qui est là devant eux. Avec étonnement elle regarde Jehan.
Source : Gallica

Fernand Des Barres Une aventure au XIIIe siècle : récit du temps de saint Louis (1861)

Tout meurt, disait Jehan, afin de renaître au printemps. Seul mon amour pour vous ne meurt pas, et pourtant il semble, tant est grande sa force, que chaque jour est pour lui printemps.
Et ils chevauchaient toujours; tout en causant de l'éternité de leur amour, refrain bien ancien et qui cependant paraît toujours nouveau. Mais tout à coup, quelque agréable que pût être pour eux leur conversation, elle fut interrompue par un homme à l'aspect pauvre, à la démarche fatiguée, qui d'une voix brisée leur demanda de lui indiquer le manoir d'Oissery.
Source : Gallica

Fernand Des Barres Une aventure au XIIIe siècle : récit du temps de saint Louis (1861)

Et toutes deux d'un triste et doux regard saluèrent Jehan sans oser lui adresser la parole, et elles partirent.
Le sire d'Oissery les laissa s'éloigner sans proférer non plus un mot. Puis, lorsqu'elles furent loin, mais bien loin, lorsqu'on pouvait encore les distinguer, mais que déjà les paroles n'arrivaient plus jusqu'à elles, il s'écria :
« Seigneur Dieu, sur cette terre nous vivrons séparés, car telle est votre loi ; mais puissions-nous au moins être réunis dans la mort, qu'un même tombeau nous renferme tous trois! »
Source : Gallica

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