Résumé

Fabliaux et Contes du Moyen Âge

« Oh ! de toute mon âme, répond Guillaume, et pour plus longtemps s’il le veut. Mais quel besoin a-t-il donc de mon palefroi ? — Sire, c’est pour mener à Médot, Nina, notre demoiselle. — Sa fille ! Eh ! que va-t-elle faire à Médot ? — Se marier. Quoi ! est-ce que vous ne savez pas que votre oncle l’a demandée à monseigneur, et qu’il l’épouse demain matin au point du jour ? »
À ces paroles Guillaume reste pétrifié d’étonnement. Il ne peut croire une trahison aussi noire et se la fait certifier une seconde fois. Malheureusement pour lui, les coupables sont tels qu’il ne peut s’en venger.
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Fabliaux et Contes du Moyen Âge

Dès qu’on ne vit plus Nicolette dans Beaucaire, tout le monde en chercha la raison. Les uns dirent qu’elle s’était enfuie, les autres que le comte Garins l’avait fait tuer. Je ne sais s’il y eut quelqu’un qui s’en réjouit, mais certes Aucassin en fut bien affligé. Il alla trouver le vicomte et lui redemanda sa douce amie. « J’ai perdu la chose du monde qui m’était la plus chère, dit-il ; est-ce par vous que j’en suis privé ? Si je meurs, vous en répondrez, car c’est vous qui m’aurez donné la mort en m’ôtant tout ce que j’aimais. »
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Fabliaux et Contes du Moyen Âge

Mais de grâce, Sire, épargnez à celle-ci les douloureux aiguillons qu’a sentis l’autre. Plus jeune et plus délicatement élevée, son cœur n’aurait peut-être pas la force de les soutenir : elle en mourrait. »
À ces mots, des larmes s’échappèrent des yeux du marquis. Il ne put dissimuler davantage, et, admirant cette douceur inaltérable et cette vertu que rien n’avait pu lasser, il s’écria : « Griselidis, ma chère Griselidis, c’en est trop. J’ai fait, pour éprouver ton amour, plus que jamais homme sous le ciel n’a osé imaginer, et je n’ai trouvé en toi qu’obéissance, tendresse et fidélité. »
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